Amel Hitebe, directeur de publication Politics

Après la COP27, qui s’est tenue en novembre 2022 en Egypte, quatre économistes analysent, dans une tribune au « Monde », le véritable impact des aides internationales versées dans le cadre des négociations climatiques. Il est maintenant bien établi que les pays les moins avancés et les pays insulaires sont les plus affectés par le changement climatique tout en portant la plus faible responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre. Pour pallier cette injustice, des transferts d’aide dite « climatique » ont été mis en place depuis les pays développés pour aider les pays en développement à se protéger des conséquences du changement climatique et les inciter à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, l’aide internationale pour le climat est faible, peu efficace et inéquitablement attribuée.

Les pays les plus vulnérables reçoivent notamment de plus faibles montants que les pays émergents. Entre 1995 et 2020, les plus gros receveurs ont ainsi été l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam, le Bangladesh et la Chine. Comment peut-on expliquer ce décalage entre les besoins et la réception d’aides pour les pays moins avancés ? Afin de restaurer la « justice climatique », lors des négociations climatiques à Copenhague en 2009, les pays riches s’étaient engagés à atteindre, en 2020, un objectif commun de mobilisation de « 100 milliards de dollars par an » [environ 93,20 milliards d’euros] d’aides « nouvelles et additionnelles » pour répondre aux enjeux du changement climatique, en complément de l’aide au développement déjà accordée. Dans l’accord de Paris, en 2015, ils ont confirmé le renouvellement de cette aide annuelle pour au moins 100 milliards de dollars d’ici à 2025.

Les derniers chiffres montrent que les donateurs n’ont pas tenu leurs promesses : seulement 83,3 milliards de dollars ont été mobilisés en 2020, un montant qui inclut les financements privés mobilisés par le secteur public. Les financements publics ne s’élevaient qu’à 68,3 milliards de dollars en 2020. Les transferts destinés aux besoins d’adaptation au changement climatique ne représentaient que 34 % des 83,3 milliards de dollars. Cette part est plus importante pour les pays insulaires et les pays les moins avancés, mais l’atténuation des émissions reste l’aide climatique principale pour ces pays dont les émissions sont pourtant faibles. Ces montants sont à considérer en regard des estimations du Programme des Nations unies pour l’environnement, qui chiffre entre 140 et 300 milliards de dollars les besoins d’adaptation annuels des pays en développement d’ici à 2030.

Il est possible maintenant de tirer quelques enseignements de ces aides climatiques. Premièrement, il existe une corrélation entre l’allocation des aides climatiques bilatérales et les intérêts commerciaux des pays donateurs, en particulier leur niveau d’exportation. Ces aides seraient-elles détournées de leur cible initiale ? Il semble en effet que les aides climatiques, à l’instar des autres aides au développement, consolident des liens historiques, culturels et commerciaux (anciennes colonies, migration, etc.).

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