En plein cœur du KwaZulu-Natal, le président Cyril Ramaphosa a profité des commémorations historiques au musée Ncome pour envoyer un message de fermeté à la communauté internationale, et plus particulièrement à Washington. Alors que les tensions avec Donald Trump atteignent un point de rupture, le leader sud-africain dénonce une campagne de désinformation visant à fracturer la nation.
Un discours de résistance contre les faux récits
C’est sur le site symbolique de la bataille de Ncome que Cyril Ramaphosa a pris la parole ce mardi. Devant une foule attentive, le président a fustigé ceux qui, selon lui, tentent de peindre un « tableau mensonger » de l’Afrique du Sud.
« Certains font tout leur possible pour nous présenter comme un peuple profondément divisé. Ils ignorent volontairement les amitiés et la gentillesse qui lient quotidiennement les Sud-Africains noirs et blancs », a-t-il déclaré avec force.
Pour Ramaphosa, les progrès réalisés depuis la fin de l’apartheid en 1994 sont réels : des écoles mixtes aux quartiers intégrés, il refuse que ces succès soient éclipsés par des discours de haine ou d’exclusion.
L’ombre de Donald Trump et le gel de l’aide américaine
Le contexte de cette sortie médiatique est brûlant. À des milliers de kilomètres de là, le président américain Donald Trump a récemment déclenché une tempête diplomatique en évoquant un supposé « génocide blanc » visant les agriculteurs afrikaners. S’appuyant sur ces allégations, la Maison-Blanche a pris des mesures radicales :
Gel de l’aide financière destinée à l’Afrique du Sud.
Priorité accordée aux Sud-Africains blancs pour l’obtention du statut de réfugié aux États-Unis.
Le gouvernement sud-africain a immédiatement rejeté ces accusations, rappelant que la violence rurale touche toutes les communautés, sans distinction de couleur de peau.
Des conséquences humanitaires redoutées
Si la rhétorique est politique, les conséquences pourraient être tragiques sur le terrain. L’opposition sud-africaine tire déjà la sonnette d’alarme. En coupant les financements basés sur des « récits erronés », les États-Unis risquent de paralyser des programmes de santé vitaux, notamment dans la lutte contre le VIH/Sida et la pauvreté.
La Réconciliation : un chantier permanent
En choisissant le musée Ncome lieu où des milliers de guerriers zoulous sont tombés en 1838 pour défendre leur terre Ramaphosa a rappelé que l’unité de la nation « arc-en-ciel » est un combat de chaque instant. Tout en reconnaissant les défis persistants tels que la corruption, la criminalité et les inégalités criantes, le président a appelé au dialogue plutôt qu’à la confrontation. Sa conclusion sonne comme un défi lancé à ses détracteurs : « Personne ne pourra semer la graine de la discrimination parmi nous. »