« Nous ne cesserons pas de combattre. » Ce dimanche, le parvis de la gare centrale de Rotterdam s’est transformé en bastion de la résistance kurde. Des centaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer l’offensive des forces gouvernementales syriennes dans les zones kurdes, malgré les accords diplomatiques signés sous l’égide des États-Unis.
Le choc des accords et la réalité du front
L’émotion était vive aux Pays-Bas alors que les nouvelles du front syrien parviennent au compte-gouttes. Drapeaux des FDS (Forces démocratiques syriennes) et des YPG au poing, la foule a dénoncé les récentes pertes territoriales à Raqqa et Tabqa.
Pour de nombreux observateurs, le paradoxe est total : alors qu’un cadre diplomatique se dessine, les armes continuent de parler.
> « Le gouvernement syrien a violé les accords de mars. […] Hier encore, les FDS ont accepté de quitter des lieux sous médiation américaine, et l’armée syrienne les a de nouveau attaqués », s’insurge Daniel, membre du parti Komala.
L’Accord Barrack : Un marché de dupes ?
Un accord en 14 points, négocié par l’envoyé spécial américain Tom Barrack, a pourtant été signé ce dimanche. Ce texte prévoit un basculement géopolitique majeur dans le nord et l’est de la Syrie.
Les points clés de la négociation :
* Retrait militaire : Les FDS quittent Raqqa et Deir ez-Zor.
* Transfert administratif : Le gouvernement syrien reprend la gestion des zones arabes.
* Concession culturelle : Le décret présidentiel 13 reconnaît officiellement le kurde comme langue nationale.
Malgré ces avancées symboliques sur les droits culturels, la chute de la ville stratégique d’Al-Tabqa et la prise du barrage de l’Euphrate par Damas après de violents combats passent mal auprès de la diaspora.
Une trêve fragile sous haute tension
Au moment où la manifestation de Rotterdam s’achevait, les médias d’État syriens ont annoncé un cessez-le-feu immédiat. Reste à savoir si ce silence des armes survivra à la méfiance profonde entre les Kurdes et le pouvoir central de Damas.