Harare ne cache plus ses ambitions. Sous l’impulsion du président Emmerson Mnangagwa, le pays multiplie les offensives diplomatiques pour intégrer le bloc des puissances émergentes. Un virage stratégique qui vise à briser l’isolement économique du pays.
Le Zimbabwe est en mission. Longtemps resté en marge des grands circuits financiers mondiaux, le pays d’Afrique australe a désormais les yeux rivés sur les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Le ministre des Affaires étrangères, Amon Murwira, a récemment confirmé que l’adhésion au bloc était devenue une priorité nationale absolue.
Une stratégie de diversification
Pour Harare, l’enjeu est double : renforcer sa position internationale et diversifier ses partenariats économiques. « Le pays aspire à une intégration plus poussée dans l’économie mondiale », a martelé le chef de la diplomatie. Dans un contexte où les circuits financiers traditionnels sont souvent perçus comme contraignants, les BRICS apparaissent comme une alternative crédible pour soutenir le développement du pays.
Le président Mnangagwa a personnellement pris les rênes de ce dossier, chargeant son ministère de piloter un engagement agressif auprès des membres fondateurs. Le Zimbabwe a déjà contacté officiellement tous les pays du bloc, se disant prêt à intégrer l’organisation sous n’importe quelle forme de partenariat autorisée.
Un soutien diplomatique de poids
Cette candidature, déposée officiellement l’année dernière, ne part pas de rien. Le Zimbabwe bénéficie déjà de soutiens de taille sur l’échiquier mondial :
La Russie : Allié historique, Moscou voit d’un bon œil l’élargissement de son influence en Afrique.
L’Afrique du Sud : Le voisin et premier partenaire commercial pousse pour une représentation africaine accrue.
Le Brésil : Intéressé par les synergies agricoles et minières.
Le volet financier : La Nouvelle Banque de Développement
Au-delà de l’alliance politique, c’est l’accès à la Nouvelle Banque de Développement (NBD) qui cristallise les espoirs. En rejoignant cette institution, le Zimbabwe pourrait accéder à des financements pour ses infrastructures sans les conditions drastiques souvent imposées par les institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale).
En frappant à la porte des BRICS, le Zimbabwe espère transformer son économie et s’arrimer durablement au train de la croissance des pays émergents. Reste désormais à savoir si le bloc validera cette entrée lors de ses prochaines sessions de consultation.