Marseille: les taxis en colère murent symboliquement la mairie pour dénoncer un « blocage administratif »
Mardi matin, le Vieux-Port s’est figé sous les klaxons. Une centaine de chauffeurs de taxi manifestent devant l’Hôtel de Ville. En cause : des délais d’obtention de licences jugés catastrophiques qui empêcheraient les professionnels de travailler.
Ce qu’il faut retenir :
* Le blocage : Une centaine de véhicules immobilisés sur le quai du Port.
* La revendication : Des retards critiques dans la gestion des licences (ADS) par la municipalité.
* Le climat : Tension palpable, pneus empilés et fumigènes devant la mairie.
« On devient la risée de la France »
L’ambiance est électrique sur le quai du Port. Entre deux nuages de fumigènes, les visages sont fermés. Pour les syndicats, la situation a dépassé le seuil du supportable. Selon Rachid Boudjema, président du Syndicat national des taxis, la Ville de Marseille fait preuve d’un « abus de pouvoir » par son inertie administrative.
> « Si vous voulez conduire votre taxi, changer de véhicule ou engager un chauffeur, il vous faut une autorisation de la Ville. Une autorisation qui n’arrive jamais », martèle-t-il au micro de nos reporters.
Le syndicaliste pointe du doigt une liste d’attente qui s’allonge de semaine en semaine : « C’est la première fois en France qu’on voit ça. Nous sommes la risée de toutes les villes de France. »
Le calvaire des chauffeurs : « J’attends juste de pouvoir travailler »
Derrière les chiffres et les procédures, ce sont des situations sociales précaires qui s’installent. Henri, chauffeur présent dans le cortège, ne peut plus exploiter son outil de travail pour une simple formalité technique.
« J’attends depuis trois semaines un certificat de désarmement pour mon véhicule », explique-t-il, désemparé. « Pendant ce temps, le propriétaire ne peut pas louer son permis et moi, je ne peux pas prendre le volant. On demande simplement de l’efficacité. »
Un conflit d’interprétation juridique
Au-delà des délais, c’est la gestion de fond des ADS (Autorisations de Stationnement) qui cristallise les tensions. Les syndicats dénoncent une lecture « rigide » et « complexe » des textes législatifs par les services municipaux, notamment concernant le salariat et la location-gérance.
Une réunion de crise à l’Hôtel de Ville
Après avoir érigé un mur de pneus devant l’entrée du bâtiment municipal, les manifestants ont obtenu gain de cause sur un point : l’ouverture du dialogue. Une délégation syndicale a été reçue par les adjoints au maire en début d’après-midi.
Le trafic sur le Vieux-Port reste fortement perturbé jusqu’à nouvel ordre. Les chauffeurs ont prévenu : sans engagement concret sur un retour à des délais « normaux », le mouvement pourrait se durcir dès demain.