Soudan: 10 millions de dollars pour briser le cycle de la soif en pleine guerre.
GENÈVE – Dans un contexte humanitaire critique, un accord tripartite vient d’être scellé pour sécuriser l’accès à l’eau potable au Soudan. Financé par l’Arabie saoudite et piloté par le HCR, ce projet de 10 millions de dollars mise sur l’innovation solaire pour réhabiliter les réseaux dévastés de Khartoum.
L’eau, une arme de survie à Genève
Alors que les combats continuent de faire rage sur le terrain, c’est sur le front diplomatique suisse qu’une victoire vient d’être remportée. L’ambassadeur Hassan Hamid Hassan, représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies, a paraphé ce mercredi un mémorandum d’entente crucial avec le Royaume d’Arabie saoudite et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Cette enveloppe de 10 millions de dollars américains (environ 6 milliards de FCFA) n’est pas qu’une simple aide d’urgence : c’est un plan de sauvetage pour les infrastructures hydrauliques du pays.
Priorité à Khartoum et au Solaire
L’accord ne se contente pas de réparer les tuyaux. Il vise une transformation durable du réseau soudanais à travers trois axes majeurs :
* Réhabilitation d’urgence : Extension et réparation des réseaux dans la zone métropolitaine de Khartoum, épicentre des destructions.
* Révolution Solaire : Modernisation des installations via des systèmes d’exploitation à énergie solaire. Une stratégie vitale pour pallier les coupures d’électricité incessantes qui paralysent les pompes traditionnelles.
* Résilience Locale : Formation des techniciens soudanais pour assurer la maintenance autonome des infrastructures à long terme.
Un enjeu de santé publique
Au-delà de l’aspect technique, l’enjeu est avant tout sanitaire. En pleine guerre, l’absence d’eau potable est le terreau fertile des épidémies comme le choléra. Pour le ministère soudanais des Finances, ce mémorandum est le signe d’un engagement renouvelé des partenaires internationaux envers la stabilisation et la reconstruction du pays.
L’œil de la rédaction
Ce partenariat tripartite (État – Donateur – ONU) illustre la nouvelle architecture de l’aide internationale : moins de « pansements » temporaires et plus d’investissements structurels et écologiques. Le recours au solaire montre que, même en temps de crise, le développement durable reste la meilleure barrière contre l’effondrement humanitaire.