
Sous l’impulsion du Président Brice Clotaire Oligui Nguéma, le Gabon vient de franchir un pas décisif vers sa décolonisation mentale et économique. En signant le décret du 30 avril dernier, imposant le port de la tenue africaine chaque vendredi dans l’administration, le pays ne se contente pas d’une réforme vestimentaire : il signe un manifeste de souveraineté.
L’Écho de Thomas Sankara : « Habillons-nous africain »
Cette mesure résonne comme un hommage vibrant au Capitaine Thomas Sankara. L’homme qui a défié l’ordre colonial en imposant le Faso Dan Fani rappelait avec force :
« Regardez vos assiettes quand vous mangez. Ces grains de riz, de maïs, de mil importés, c’est ça l’impérialisme. Regardez vos vêtements… l’impérialisme est là. »
En remplaçant le costume-cravate,cet uniforme de l’ailleurs par le raphia, le pagne et le wax, le Gabon adopte la « modernité dynamique » prônée par Sankara. Ce n’est pas un retour nostalgique vers le passé, mais une propulsion vers un futur où l’Africain consomme ce qu’il produit et produit ce qu’il consomme.
De Césaire à la Réappropriation de Soi
En instaurant ce rituel du vendredi, Brice Clotaire Oligui Nguéma donne corps à la pensée d’Aimé Césaire. Pour le chantre de la Négritude, il était impératif de se débarrasser des « oripeaux coloniaux » pour retrouver une dignité spoliée. C’est l’affirmation que l’identité africaine n’est pas un accessoire de week-end, mais le socle de l’autorité publique.
Les Piliers de cette Renaissance
- Souveraineté Économique : Chaque boubou, chaque ensemble en raphia porté est une commande directe pour les créateurs, tailleurs et artisans gabonais. C’est une économie circulaire qui redonne vie au génie local.
- Modernité Africaine : Le bureau devient un sanctuaire du patrimoine. L’administration ne singe plus l’Occident ; elle s’affiche dans sa splendeur plurielle, prouvant que l’on peut diriger un État moderne en foulard et en robe brodée.
- Valorisation Continentale : En signant ce décret, le Gabon ne valorise pas seulement ses frontières, il envoie un signal fort à toute l’Afrique : le réveil est là, et il commence par l’image que nous renvoyons au miroir.
L’Afrique s’habille enfin à sa propre image pour bâtir son futur.
Ce geste politique transforme le textile en une armure de résistance et de fierté. Comme le prédisait Sankara, c’est en nous acceptant tels que nous sommes que nous deviendrons invincibles.