Le gouvernement burkinabè a entériné, ce 29 janvier 2026, la transformation de la compagnie nationale en société d’État. Une décision stratégique pour sauver un fleuron en plein turbulences.
Par la Rédaction Économique | Mis à jour le 30 janvier 2026
Le retour intégral dans le giron public
C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la plus ancienne compagnie aérienne de la sous-région. Réuni en Conseil des ministres, le gouvernement a adopté un décret portant augmentation de la participation de l’État au capital d’Air Burkina SA. Ce geste juridique consacre officiellement la compagnie comme société d’État.
Cette nationalisation totale fait suite au retrait définitif du dernier partenaire privé en septembre 2024, qui avait cédé ses 1 % de parts pour un franc symbolique.
Une histoire mouvementée : de la privatisation à la nationalisation
Depuis sa création en 1967, Air Burkina a traversé plusieurs zones de turbulences actionnariales :
* 2001 : Privatisation au profit du consortium AKFED (Fonds Aga Khan).
* 2017 : Retour sous contrôle étatique après le départ de l’Aga Khan.
* 2020 : Tentative de relance via une convention avec une société privée américaine.
* 2026 : Consécration en tant que société d’État détenue à 100 %.
Pourquoi l’État reprend-il la main ?
Selon les autorités de transition, ce choix est dicté par une nécessité de survie opérationnelle. La compagnie fait face à :
* Des difficultés financières persistantes qui menacent son fonctionnement normal.
* Un besoin d’assainissement de la gouvernance pour attirer de nouveaux investissements à l’avenir.
* L’aspect stratégique : Maintenir un outil de désenclavement souverain pour le pays.
> « Cette reprise constitue une étape nécessaire pour préserver un outil stratégique de transport aérien », indique le compte-rendu du Conseil des ministres.
L’Analyse : Et maintenant ?
Si le statut juridique est désormais clarifié, de nombreux défis restent en suspens. Le gouvernement n’a pas encore dévoilé :
* Le plan de relance de la flotte (plusieurs appareils étant actuellement en maintenance ou cloués au sol).
* L’enveloppe financière qui sera injectée pour éponger les dettes.
* Le calendrier de reprise effectif des vols vers certaines destinations régulières.
Pour les experts du secteur, ce passage en société d’État doit s’accompagner d’une gestion rigoureuse pour éviter que la compagnie ne devienne un gouffre financier pour le Trésor public.