
Le président français est arrivé ce mardi au Japon pour une visite d’État de trois jours. Entre tensions au Moyen-Orient et menaces sur l’approvisionnement pétrolier, Emmanuel Macron tente de bâtir une coalition avec la Première ministre Sanae Takaichi pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
L’avion présidentiel a touché le tarmac de l’aéroport de Haneda sous une pluie battante et des rafales de vent. Mais ce n’est pas la météo qui inquiète le plus la délégation française : c’est le climat géopolitique brûlant. Alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran paralyse le commerce mondial, le Japon qui dépend à 95 % du brut moyen-oriental se retrouve en première ligne d’une potentielle asphyxie énergétique.
Le détroit d’Ormuz : le nerf de la guerre
Au cœur des discussions prévues mercredi avec Sanae Takaichi, la première femme à diriger l’archipel nippon, figure la création d’une coalition internationale de « volontaires ». L’objectif est clair : sécuriser le détroit d’Ormuz, passage vital par lequel transite 20 % du pétrole mondial, actuellement bloqué par les hostilités.
« Nous devons trouver des solutions communes pour un apaisement rapide », confie une source élyséenne. Paris et Tokyo partagent la même crainte : une flambée durable des cours du brut qui ferait dérailler l’économie mondiale.
Nucléaire, IA et Défense : l’offensive économique
Si la géopolitique sature l’agenda, Emmanuel Macron n’oublie pas son rôle de « premier VRP de France ». Accompagné d’une importante délégation de chefs d’entreprise, il doit rencontrer les géants technologiques nippons :
- SoftBank : leader mondial des investissements dans l’IA.
- Horiba et Iwatani : partenaires stratégiques dans la recherche et les technologies de rupture.
- Nucléaire civil : une nouvelle feuille de route doit être signée pour renforcer la coopération sur les réacteurs de nouvelle génération.
Un test diplomatique avec Sanae Takaichi
Cette visite est aussi un baptême du feu diplomatique avec la nouvelle cheffe du gouvernement japonais. Connue pour ses positions ultranationalistes et sa proximité affichée avec Donald Trump, Mme Takaichi représente un défi pour le président français, adepte du multilatéralisme.
Le sommet du G7, que la France présidera en juin prochain, sera l’autre grand dossier de ce tête-à-tête, avec une priorité absolue : la stabilisation des marchés financiers et énergétiques.
Le programme de la visite
- Mardi soir : Rencontre culturelle avec le peintre de kimonos Kunihiko Moriguchi.
- Mercredi : Forum économique et entretien bilatéral avec Sanae Takaichi.
- Jeudi : Déjeuner avec l’empereur Naruhito au palais impérial, avant le départ pour Séoul.
Le chiffre à retenir
1 an. C’est le délai estimé pour réparer les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient si les combats cessaient aujourd’hui, selon les experts du G7. Une donnée qui souligne l’urgence de la mission présidentielle.