
L’Assemblée générale des Nations Unies a franchi un pas historique le 25 mars dernier en adoptant une résolution qualifiant la traite négrière de « crime contre l’humanité ». Pour Charles Blé Goudé, si cette victoire diplomatique est essentielle, elle doit impérativement ouvrir la voie à des réparations concrètes, à commencer par l’effacement de la dette africaine.
Un tournant diplomatique majeur
Le 25 mars 2026, une majorité de 123 pays a voté en faveur d’une résolution reconnaissant officiellement la traite négrière comme le crime le plus odieux de l’histoire humaine. Porté par le Togo au sein de l’Union Africaine, puis défendu à la tribune de l’ONU par le Ghana, ce texte marque la reconnaissance internationale d’une douleur longue de 400 ans.
Pourtant, le consensus n’a pas été total. Charles Blé Goudé a vivement regretté l’abstention de 52 pays et le vote hostile des États-Unis, d’Israël et de l’Argentine. « On parle d’humanité violée, de dignité piétinée », a-t-il rappelé, soulignant que les principes universels de justice ne sauraient s’appliquer à « géométrie variable ».
Le prix du silence : 15 millions de destins brisés
L’ancien ministre a tenu à rappeler la réalité mathématique et humaine derrière les textes de loi :
- 12 à 15 millions de personnes arrachées à leur terre.
- 2 millions de morts durant la traversée ou l’exploitation.
- 4 siècles d’un système de déshumanisation institutionnalisé.
« Reconnaître, ce n’est pas seulement une accusation. C’est une question de courage et de responsabilité pour dire ensemble : plus jamais ça. » — Charles Blé Goudé.
L’annulation de la dette : « Ce ne serait que justice faite »
Pour le leader politique, la reconnaissance symbolique ne suffit plus. Le préjudice subi par l’Afrique est avant tout structurel : le continent a été méthodiquement privé de ses « bras valides » et de ses esprits les plus brillants pour dynamiser les économies occidentales.
La proposition est donc radicale mais, selon lui, logiquement imparable : l’annulation totale des dettes des pays africains. Ce dédommagement permettrait de guérir une « plaie morale » et économique qui handicape encore le développement du continent aujourd’hui.
Vers une Afrique « sujet » et non plus « objet »
En conclusion, Charles Blé Goudé exhorte les Africains à sortir de la culture de la lamentation pour embrasser une solidarité active. L’objectif affiché est clair : transformer l’Afrique pour qu’elle ne soit plus ce « sac au dos » qui tend la main, mais un partenaire stratégique avec lequel le monde doit compter.