
Le gouvernement congolais sort l’artillerie lourde pour tenter de remettre Congo Airways sur les rails. Après des années de turbulences financières, opérationnelles et managériales, l’exécutif annonce un plan de relance « ambitieux » de la compagnie nationale, aujourd’hui quasiment à l’arrêt.
Dans un communiqué officiel, l’État promet une reprise en main structurée, assortie de mécanismes de contrôle interne durcis : conformité réglementaire, audits approfondis, gestion des ressources humaines, et surtout un dispositif de reporting régulier à l’État actionnaire. Le message est clair : la relance ne se fera pas à l’aveugle, ni sans comptes à rendre.
LE RAPPORT QUI MET A NU LES FAILLES
Cette décision intervient après un rapport d’expertise finalisé fin 2024, conduit par l’Inspection générale des finances (IGF), le Conseil supérieur du portefeuille et l’Autorité de l’aviation civile. Le diagnostic est sévère : des déficiences jugées critiques, exposant l’État à des risques élevés juridiques, financiers et réputationnels.
Les experts recommandent notamment à l’État de régulariser ses propres dettes envers la compagnie (droits dus, paiements en attente), afin de lui redonner une marge de manœuvre financière et d’ouvrir la voie à une relance crédible. Autrement dit : avant d’exiger des résultats, l’actionnaire public doit d’abord assainir sa propre position.
DE QUATRE AVIONS A ZERO :LA CHUTE D’UN SYMBOLE NATIONAL
Créée en 2015 avec une flotte initiale de quatre appareils, Congo Airways ne disposerait aujourd’hui d’aucun avion opérationnel en propre, selon plusieurs sources concordantes. Une situation qui résume à elle seule l’ampleur de la crise : une compagnie nationale sans avions, donc sans véritable capacité autonome d’exploitation.
UN EMBRAER E-190, MAIS UNE FLOTTE TOUJOURS CLOUEE AU SOL
Le 24 décembre 2025, la compagnie a toutefois mis en scène un signal de reprise avec l’arrivée d’un Embraer E-190 immatriculé 2-RLCA, obtenu grâce à un partenariat avec la Caisse nationale de sécurité sociale. Une annonce présentée comme un tournant.
Mais dans les faits, face à l’immobilisation du reste de la flotte, Congo Airways a été contrainte de recourir à la location d’appareils une solution d’urgence, coûteuse, et rarement viable à long terme pour une entreprise déjà fragilisée.
GOUVERNANCE, CAPITAUX, CREDIBILITE : LE VRAI TEST COMMENCE
Le gouvernement promet désormais une refonte complète de la gouvernance et une injection de capitaux. Reste l’essentiel : la réussite de ce plan dépendra de la capacité à corriger les failles structurelles révélées par les audits, à stabiliser l’exploitation