Le Secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé l’ouverture des États-Unis au dialogue avec la Corée du Nord. De son côté, Kim Jong Un se dit prêt à « bien s’entendre » avec Washington, mais impose une condition de taille : la reconnaissance de son statut de puissance nucléaire.
Un virage diplomatique à Washington
L’administration américaine semble opter pour le pragmatisme. Mercredi, Marco Rubio a déclaré devant la presse que les États-Unis étaient « toujours prêts à écouter » les responsables de n’importe quel gouvernement, citant nommément la Corée du Nord, l’Iran et Cuba.
Cette main tendue marque une volonté de reprendre langue avec Pyongyang, alors que les tensions étaient restées vives ces dernières années. « Nous sommes toujours disposés à échanger avec ceux qui souhaitent nous faire connaître leur position », a précisé le chef de la diplomatie américaine.
Kim Jong Un : La reconnaissance nucléaire avant tout
À l’issue du 9e Congrès du Parti des travailleurs, Kim Jong Un a envoyé un signal complexe. S’il abandonne la rhétorique du « plus grand ennemi » envers les États-Unis, il verrouille sa position sur l’atome.
* L’offre : Pyongyang est prêt à une relation cordiale avec Washington.
* La condition : Le respect du statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord, tel qu’inscrit dans sa Constitution.
* Le refus : Kim Jong Un rejette désormais toute négociation fondée sur une dénucléarisation préalable.
> « Il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre avec les États-Unis si Washington abandonne sa politique hostile », a déclaré le leader nord-coréen via l’agence officielle KCNA.
Séoul : Le grand sacrifié de la nouvelle doctrine
Le fait le plus marquant de ce congrès est le divorce total avec la Corée du Sud. Kim Jong Un a officiellement qualifié Séoul d’« ennemi le plus hostile ».
* Rupture identitaire : Les Sud-Coréens ne sont plus considérés comme des « compatriotes ».
* Rupture politique : Pyongyang entend traiter directement avec les États-Unis, sans passer par la médiation de Séoul.
* Constitution : En 2024, le Nord avait déjà modifié sa loi fondamentale pour définir le Sud comme un État hostile.
Vers une rencontre fin mars ?
Les regards se tournent désormais vers la visite de Donald Trump en Chine, prévue du 31 mars au 2 avril. Après avoir déclaré être « ouvert à 100 % » à une rencontre et avoir admis que le Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire », le président américain pourrait profiter de ce déplacement pour un nouveau face-à-face historique avec Kim Jong Un.
| Enjeux de la négociation | Position Américaine (Rubio/Trump) | Position Nord-Coréenne (Kim) |
| Nucléaire | Reconnaissance tacite possible ? | Non-négociable |
| Sanctions | Exemptions humanitaires envisagées | Exigence de levée totale |
| Corée du Sud | Allié stratégique maintenu | Exclusion totale du dialogue |