
De prime abord, l’Union africaine n’a pas rejeté la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU.
Alors, de quoi s’agit-il ?
La réalité est bien plus nuancée, et surtout plus révélatrice des dynamiques internes du continent africain.
Dans le cadre de la procédure dite « silencieuse », 35 États africains ont marqué leur soutien. Ce chiffre est ensuite monté à 37 avec l’appui de l’Égypte et du Liberia. À ce stade, la candidature dispose donc déjà d’une majorité significative au sein des 55 États membres de l’Union africaine.
Cependant, cette procédure a été interrompue, car Treize pays ont exprimé une opposition, parmi lesquels le Sénégal lui-même, qui a indiqué ne pas se considérer concerné par cette candidature. Les 12 autres États ont justifié leur refus par le principe du système rotatif, estimant que ce ne serait pas encore le « tour » de l’Afrique pour diriger les Nations Unies.
A côté de cela, cinq pays ont demandé un délai supplémentaire pour mener à bien leur réflexion, jugeant les 24 heures accordées trop courtes pour se prononcer.
Des éléments qui mettent plutôt en évidence un consensus inachevé, même si plus de la moitié, soit 37 sur 55 États ont officiellement marqué leur soutien.
Mais au-delà des chiffres, cette séquence révèle une réalité plus profonde : celle du fonctionnement réel de la gouvernance mondiale. Prenons l’exemple de António Guterres, le Secrétaire Général sortant. En 2016, malgré des divisions au sein de l’Europe, il a été nommé à la tête de l’ONU. Pourquoi ? Parce que la décision finale ne dépend pas forcément des continents, mais du Conseil de sécurité et, surtout, des puissances disposant du droit de veto. C’est encore là un autre enjeu ou défi pour le candidat sénégalais. Par ailleurs, les équilibres géopolitiques priment sur les logiques de rotation ou de consensus régional. Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall suit son cours depuis son dépôt le 3 mars dernier. Elle bénéficie non seulement de soutiens africains, mais aussi d’appuis internationaux, ce qui est déterminant dans ce type de processus.
Mais seulement, cette situation pose une question stratégique majeure pour le continent : l’Afrique peut-elle parler d’une seule voix sur les enjeux mondiaux ? Ou alors risque-t-elle, une fois de plus, de fragmenter son influence au moment décisif ? Les occasions du genre se font très rare.
Mais l’Afrique d’aujourd’hui c’est quoi?
- C’est un continent qu’on pille… pendant qu’on parle de partenariat.
- Un continent que l’on endette… pendant qu’on parle d’aide.
- Un continent dont l’avenir se décide au Conseil de sécurité de l’ONU, sans les Africains à la table.
- On déstabilise ses États.
- On arme ses conflits.
- Et Parfois, on bombarde… au mépris du Droit international et de la souveraineté de ses peuples.
Pour les analystes, la candidature de Macky Sall dépasse la personne. Elle interroge la capacité de l’Afrique à peser dans les grandes décisions internationales. Car dans ce jeu, une réalité demeure : ceux qui ont le pouvoir décident… et les autres subissent.