
L’Afrique des infrastructures franchit une étape décisive à N’Djamena. En recevant une délégation de haut niveau dépêchée par Alger, le Premier ministre tchadien, l’Ambassadeur Allah Maye Halina, a relancé le chantier titanesque de la Transsaharienne. Plus qu’un simple tracé bitumé, ce corridor est la promesse d’un débouché direct sur la Méditerranée pour le Tchad, redessinant ainsi les cartes du commerce intra-africain.
Ce jeudi 14 mai 2026, l’ambition de l’Union Africaine pour une interconnexion totale a pris corps à la Primature. Suite au récent sommet entre le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno et ses homologues algériens, le ministre Abdelkader Djellaoui a fait le déplacement pour sceller les détails techniques d’un projet qui va changer la donne économique de la sous-région.
La Transsaharienne : Le nouveau poumon économique du Sahel
Au cœur des échanges : la jonction finale du réseau routier tchadien avec les artères du Grand Nord africain. Ce projet structurant n’est pas qu’une affaire de génie civil ; c’est une arme de développement massif.
Accès à la Mer : Pour le Tchad, pays continental, la route vers la Méditerranée est une libération logistique qui réduit la dépendance aux circuits traditionnels.
Fluidité des Échanges : Le transport des marchandises entre le Sahel et le Maghreb deviendra plus rapide, moins coûteux et plus sécurisé.
Intégration Réelle : Ce corridor matérialise la volonté de l’Afrique de construire ses propres ponts commerciaux, sans passer par les ports extérieurs.
Une instruction ferme pour une mise en œuvre immédiate
Le Chef du Gouvernement n’a pas laissé de place à l’attentisme. Saluant la solidité de l’axe N’Djamena-Alger, il a instruit le ministre des Infrastructures, Amir Idriss Kourda, et l’ensemble des experts techniques de lever tous les obstacles administratifs. L’objectif est clair : transformer les accords de papier en réalités de goudron.
« Ce projet est d’un intérêt vital. Il s’agit de bâtir l’ossature d’une souveraineté économique partagée. »
Vers une Afrique sans barrières
Cette audience, à laquelle participaient les piliers du cabinet ministériel, symbolise le réveil des infrastructures africaines. Tandis que d’autres blocs régionaux s’isolent, le Tchad et l’Algérie démontrent que le salut du continent passe par sa capacité à s’interconnecter. Le bitume devient ici le ciment de l’unité, transformant les distances désertiques en opportunités d’affaires.
Le chantier de la Transsaharienne n’est plus une utopie lointaine, mais le moteur d’une nouvelle Afrique qui se donne enfin les moyens de circuler librement sur son propre sol.