14 mai 2026, 12:39 pm

LE CAMEROUN VERROUILLE SES FRONTIÈRES AU MAÏS IMPORTÉ

Après la décision historique du Burkina Faso de suspendre les importations de riz, le Cameroun vient de frapper un grand coup sur la table de l’indépendance économique. Le message est clair : l’Afrique ne veut plus seulement consommer ce qu’elle produit, elle refuse désormais de sacrifier ses agriculteurs sur l’autel de l’importation massive.
Hier, au cœur de Yaoundé, une décision radicale a été actée. Sous la houlette du Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, le gouvernement camerounais a prononcé la suspension immédiate des importations de maïs. Ce n’est pas une simple mesure administrative ; c’est un acte de légitime défense pour la filière locale.

Le diagnostic d’un système à bout de souffle

La crise couvait. Malgré les ambitions de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), les greniers camerounais débordent de stocks invendus tandis que le maïs étranger inonde les marchés. Le constat du gouvernement est sans appel : un manque de coordination dans la délivrance des permis d’importation a créé un décalage dangereux entre la réalité du terrain et les flux commerciaux.

 « On ne peut pas prôner l’import-substitution le jour et étouffer nos propres producteurs la nuit par des importations injustifiées. »

Un tournant majeur pour la politique interne africaine

Ce qui se joue entre Ouagadougou et Yaoundé dépasse les frontières nationales. C’est le réveil d’une conscience économique continentale. En choisissant de protéger leurs terres, ces nations envoient un signal fort aux marchés internationaux : l’Afrique n’est plus un déversoir pour les excédents mondiaux.

Les piliers de la riposte camerounaise

L’interdiction ne vient pas seule ; elle s’accompagne d’un plan de bataille rigoureux. Cette mesure vise précisément à :

  • Désengorger les stocks locaux :Permettre aux agriculteurs de liquider leurs récoltes à des prix justes et rémunérateurs.
  • Sécuriser l’investissement rural : Redonner confiance aux producteurs qui hésitaient à investir par peur de la mévente.
  • Rééquilibrer la balance commerciale : Limiter la sortie de devises pour des denrées que le sol camerounais offre déjà en abondance.
  • Consolider la SND30 : Passer de la théorie de l’import-substitution à une pratique concrète et protectionniste assumée.

Vers une Afrique qui se nourrit elle-même

Le Cameroun s’inscrit désormais dans une dynamique de protection de ses ressources stratégiques. En priorisant la consommation locale, le pays ne se contente pas de réguler un marché ; il bâtit les fondations d’une résilience durable.
Ce virage vers la préférence nationale est peut-être le début d’une nouvelle ère : celle où le panier de la ménagère africaine sera le moteur premier de l’industrie africaine. Le maïs camerounais retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse, et avec lui, c’est toute la dignité du paysan africain qui est réhabilitée.

Le temps de l’action a sonné : après les discours, place à la souveraineté dans l’assiette.

Redige par: clement Djomangola

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