
C’est un tournant historique qui résonne à travers toute l’Afrique. Le président zambien, Hakainde Hichilema, vient de promulguer la loi sanctuarisant la gratuité totale de l’éducation, transformant une promesse politique en un droit légal et inaliénable pour chaque enfant zambien.
Après les réformes audacieuses de Romuald Wadagni au Bénin ou les grands chantiers souverains du Capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso, c’est au tour de l’homme fort de Lusaka de poser un acte fort pour l’émancipation de la jeunesse africaine. Une décision d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte économique national pourtant jugé restreint et fragile.
De la promesse politique au bouclier juridique
Instaurée par simple décret administratif dès l’arrivée au pouvoir de Hakainde Hichilema en 2021, la gratuité de l’école (du préscolaire au secondaire) a déjà fait ses preuves. En cinq ans, les résultats sont palpables : explosion du taux de scolarisation, extension des cantines scolaires et recrutement massif de plus de 41 000 enseignants.
Mais le pouvoir zambien a voulu aller plus loin en blindant cette mesure :
- Interdiction absolue d’exclusion : Aucun enfant ne peut plus être chassé d’un établissement public pour cause d’incapacité financière des parents.
- Arme juridique pour le peuple : Les familles disposent désormais de voies de recours légales pour poursuivre en justice toute école qui exigerait des frais illégaux.
- Irréversibilité politique : Aucun futur gouvernement ne pourra défaire cette avancée sociale sans une validation stricte et complexe du Parlement.
« C’est une journée historique pour la Zambie », a martelé le chef de l’État dans un communiqué officiel, rappelant que cette loi protège l’accès au savoir pour les générations futures tout en consolidant les acquis sociaux des travailleurs et des retraités.
Financer le savoir malgré une économie sous tension
La portée de cette loi est avant tout une leçon de courage politique. Alors que les institutions financières internationales recommandent souvent l’austérité budgétaire aux économies en développement, la Zambie fait le choix inverse : considérer l’éducation non pas comme une dépense, mais comme un investissement stratégique de souveraineté.
En éliminant les barrières financières, Lusaka s’attaque de front aux inégalités sociales, mise sur l’alphabétisation de masse et prépare la main-d’œuvre de demain pour un développement endogène à long terme.
À l’instar des transitions de rupture portées par les leaders panafricains actuels, la Zambie démontre que la véritable richesse d’une nation ne réside pas seulement dans son sous-sol, mais d’abord dans l’esprit de ses enfants. Un cap fort, salué par les observateurs, qui prouve que lorsque la volonté politique est là, la souveraineté par le savoir devient possible.