
Désormais, les têtes des terroristes et des rebelles sont mises à prix. C’est le message d’une clarté limpide et d’une fermeté absolue envoyé depuis Bamako par les autorités.
Le Mali vient de franchir un cap décisif dans sa guerre de libération nationale. Quelques jours seulement après avoir infligé des sanctions financières ciblées à plusieurs personnalités politiques et au Front de libération de l’Azawad (FLA), le gouvernement malien passe à la vitesse supérieure. Par un communiqué officiel signé ce jeudi 4 juin 2026 par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Daoud Aly Mohammedine, l’État malien lance une offensive de renseignement sans précédent en offrant des récompenses financières colossales pour quiconque permettra de localiser, d’arrêter ou de neutraliser les plus hauts dirigeants terroristes du pays.
L’alliance sacrée du renseignement populaire face à l’ennemi
Cette mesure marque l’ouverture d’une nouvelle phase doctrinale de la guerre contre le terrorisme, fondée sur la mobilisation accrue du renseignement humain et de la coopération citoyenne. En incitant le peuple à faire corps de manière active avec les Forces de Défense et de Sécurité (FAMa), Bamako brise définitivement l’omertà et la peur que les criminels tentent d’instaurer dans les communautés.
Les autorités ciblent directement les cerveaux de l’insécurité qui endeuillent le Sahel :
- Iyad Ag Ghali, le chef suprême du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), la coalition terroriste affiliée à AQMI.
- Amadou Kouffa (numéro deux du JNIM et chef de la Katiba Macina) et Abdoulaye Mamoudou Bakaye Diallo (alias Jouleybib de Namp
- Alghabass Ag Intalla, figure clé et négociateur du Front de libération de l’Azawad (FLA).
- Bilal Ag Achérif (secrétaire général du FLA), Sedane Ag Hita (responsable du JNIM à Kidal), Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi (responsable du JNIM à Tombouctou) et un autre cadre recherché.
La fin de l’impunité et le démantèlement des complicités
Cette mise à prix intervient dans un contexte de tolérance zéro. Moins de deux semaines auparavant, le gouvernement avait déjà inscrit sur sa liste noire nationale des sanctions financières des figures comme Oumar Mariko et Étienne Fakaba Sissoko, ainsi que le FLA lui-même. Les autorités reprochent à ces entités des liens présumés, un soutien ou une apologie du terrorisme à la suite des attaques coordonnées du 25 avril 2026 contre des positions des FAMa.
Le FLA, cette coalition de mouvements indépendantistes du Nord issue de l’ancienne CMA (regroupant le MNLA, le HCUA, le MAA et une faction du Gatia), est désormais logé à la même enseigne que les groupes jihadistes. Pour Bamako, l’alliance de circonstance est avérée : le FLA a lui-même revendiqué des opérations conjointes avec le JNIM, notamment lors de l’attaque du 25 avril contre Kidal. En assimilant politiquement, judiciairement et financièrement ces mouvements rebelles aux réseaux d’Al-Qaïda, le Mali refuse définitivement le double jeu et les négociations stériles du passé.
Vers une solution endogène et définitive
Avec ce dispositif d’une ampleur inédite, Bamako complète son arsenal de guerre asymétrique. En combinant la puissance de feu militaire, la strangulation financière des complices et l’éveil du patriotisme populaire par les primes, le gouvernement de la Transition envoie un signal d’une force historique.
Aucun chef terroriste, aucun commanditaire, aucune main invisible ne doit plus se considérer hors de portée sur la terre du Mali. En reprenant le contrôle exclusif de sa stratégie de sécurité loin des ingérences et des agendas des puissances impérialistes —, le Mali et ses alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES) démontrent que la paix et la souveraineté de l’Afrique se gagneront par des solutions rigoureuses, endogènes et portées par le peuple lui-même. La traque est officiellement ouverte.