
On en viendrait presque à se demander si l’homme possède réellement le diplôme de juriste qu’il prétend avoir, tant ses décisions piétinent le bon sens et la justice sportive. À l’aube de la Coupe du monde 2026, le Suisse Gianni Infantino fait face à ses propres paradoxes, entre opacité, complaisance et déni de réalité.on parle de dix ans de carrieres ,Peut-être dans le vide.
L’arbitre somalien Omar Artan sacrifié sur l’autel de la politique américaine
Dernière heure et dernier scandale en date : la gestion désastreuse du cas d’Omar Artan. Alors que cet arbitre somalien, nommé meilleur arbitre masculin d’Afrique, s’apprêtait à entrer dans l’histoire en officiant durant ce Mondial, il a été bloqué à l’aéroport de Miami et refoulé par les autorités américaines sous prétexte de restrictions et de soupçons sécuritaires infondés. Face à cette injustice flagrante qui brise la carrière d’un officiel d’élite, qu’a fait la FIFA d’Infantino ? Rien. L’instance s’est couchée devant Washington, préférant préserver ses alliances politiques et le confort de son tournoi au détriment de l’équité sportive.
Origines suisses et liaisons dangereuses : le double standard »
Ce manque de courage interroge cruellement lorsque l’on observe la complaisance de ce même réseau face à d’autres profils au passé bien plus lourd. Le patron du football mondial, natif de Brig-Glis en Suisse (le même terroir que son prédécesseur Sepp Blatter), semble appliquer une justice à géométrie variable. Comment comprendre qu’un arbitre intègre soit banni sans ménagement, tandis que par le passé, des réseaux d’influence incluant des figures ultra-controversées comme Christophe Glizer ont pu naviguer dans les eaux du football et du journalisme sportif malgré des accusations de complicité avec des campagnes terroristes, notamment en Algérie ? Ce silence historique et cette complaisance systémique contrastent violemment avec la fermeté affichée aujourd’hui contre un officiel africain irréprochable OMAR ARTAN.
Dix ans de règne : l’illusion du changement
« Son mandat n’a pas échappé à l’opacité et à l’attrait du pouvoir et de l’argent » Revue Panenka
Dans une enquête méticuleuse publiée par la revue espagnole Panenka, le journaliste indépendant Samindra Kunti épluche les dix ans de règne de cet « homme qui voulait être roi ». Élu en 2016 pour redorer le blason d’une FIFA en proie aux scandales de l’ère Blatter, Infantino n’a fait que perfectionner la machine. Derrière les discours novateurs se cachent un train de vie de monarque (vols en jets privés, logements de fonction luxueux) et une centralisation absolue du pouvoir.
L’art de l’esquive face aux critiques
Face aux vagues de contestations qui entourent l’organisation de ce Mondial coorganisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’exercice de communication s’avère de plus en plus tendu. Comme le souligne le grand quotidien suisse Le Temps, les apparitions médiatiques du président font régulièrement « des étincelles ». Lors de sa conférence de presse du mercredi 10 juin, Infantino s’est livré à un « étonnant exercice de modestie », qualifié d’acerbe par le journal de Genève.
Une stratégie de victimisation et d’esquive qui ne trompe plus grand monde. Alors que le rideau se lève sur la compétition, le constat est amer : sous Infantino, la FIFA est restée une forteresse d’opacité où les privilèges des puissants sont jalousement gardés, pendant que le mérite sportif et humain des plus faibles est piétiné.