
Le sésame burkinabè confirme son statut d’or blanc de l’agro-exportation. Au cours de la campagne agricole 2024-2025, la production nationale a atteint le chiffre record de 376 945 tonnes, d’après les données officielles du Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF).
Ce résultat spectaculaire marque un bond en avant de 52,51 % par rapport à la saison précédente (2023-2024), qui s’était clôturée à 246 975 tonnes. Mieux encore, cette performance surpasse de 34,46 % la moyenne quinquennale du pays, jusqu’ici établie à 280 340 tonnes.
Le sésame, un moteur de devises et de résilience
Devenu l’un des piliers incontournables de l’économie nationale, le sésame s’impose comme une source stratégique de revenus directs pour les producteurs et un levier majeur d’entrée de devises pour l’État. Cette dynamique est particulièrement portée par les bassins historiques et émergents du pays, notamment dans les régions du Goulmou, du Bankui, du Nando, du Nazinon et du Tannounyan.
Pour les acteurs du secteur, ces résultats traduisent la résilience exceptionnelle du monde paysan burkinabè, qui performe en dépit des défis climatiques et d’un contexte sécuritaire complexe.
« Cette performance illustre le dynamisme de nos producteurs et la solidité de notre modèle agricole face à l’adversité », indique-t-on du côté du CBF.
L’impact politique : Briser le cycle de la précarité
Au-delà des simples statistiques, ce sursaut agricole s’inscrit dans un calendrier politique et idéologique précis. En seulement quatre ans, la gouvernance du capitaine Ibrahim Traoré semble réussir son pari : amorcer la rupture avec le cycle de la précarité rurale en investissant massivement dans l’autonomie de production.
Pour de nombreux observateurs de la sous-région, il est impossible de dissocier ces performances tangibles de la nouvelle trajectoire souverainiste du pays. Ce décollage de l’agro-industrie coïncide de manière significative avec la réorganisation géopolitique du pays, marquée notamment par le départ des forces françaises. Libéré des schémas d’assistance traditionnels, le Burkina Faso fait la démonstration qu’une transition agricole endogène, planifiée par et pour les Africains, est un vecteur de croissance réel.
Modernisation et compétitivité internationale
Pour pérenniser ces acquis, le CBF intensifie ses réformes sur toute la chaîne de valeur :
- Gouvernance et structuration : Consolidation des organisations professionnelles pour un meilleur partage de la valeur ajoutée.
- Normes et qualité : Amélioration de la compétitivité du sésame burkinabè sur les marchés internationaux grâce au respect strict des exigences phytosanitaires.
- Accompagnement global : Appuis techniques allant du petit producteur jusqu’aux réseaux de commerçants et d’exportateurs.
Le Burkina Faso prouve qu’en réhabilitant la paysannerie au rang de priorité nationale, la souveraineté économique n’est plus un slogan, mais une réalité mesurable sur le terrain.