L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans les couloirs du Forum économique mondial de Davos. L’Afrique du Sud suspend sa participation au G20 pour l’année 2026, refusant de siéger sous la présidence tournante des États-Unis. Entre stratégie de survie et rupture diplomatique, Pretoria transforme de fait l’instance mondiale en un « G19 » inédit.
Une rupture consommée à Davos
C’est dans le cadre hautement symbolique de Davos, en ce mois de janvier 2026, que Pretoria a officialisé une décision pressentie depuis plusieurs mois. En annonçant son « départ temporaire », l’Afrique du Sud acté son divorce avec la présidence américaine. Cette mise en retrait est le point culminant d’une dégradation brutale des rapports entre les deux nations.
Le contentieux remonte notamment à novembre dernier, lorsque Donald Trump avait boycotté le sommet du G20 organisé sur le sol sud-africain. Le président américain n’avait pas mâché ses mots, accusant Pretoria de mener des politiques hostiles aux intérêts de Washington.
Le « pragmatisme » face à la toxicité
Pour les analystes, ce retrait n’est pas une simple bouderie diplomatique, mais un acte de réalisme politique. Koffi Kouakou, maître de conférences à l’université de Witwatersrand, y voit un calcul stratégique nécessaire : « L’Afrique du Sud veut éviter toute crise directe avec les États-Unis. C’est une décision rationnelle et sage », explique-t-il.
Selon l’universitaire, le climat actuel est devenu « toxique ». Dans un contexte où le multilatéralisme bat de l’aile, Pretoria préfère s’effacer plutôt que de subir les pressions d’une Maison-Blanche de plus en plus frontale.
Vers un « G19 » : quel poids pour l’Afrique ?
Ce retrait constitue un précédent rarissime dans l’histoire du groupe. En 2026, le G20 fonctionnera donc avec 19 membres. Si cette pause se veut limitée dans le temps, elle pose un problème majeur de représentativité : l’Afrique du Sud est traditionnellement le porte-voix du continent et des économies émergentes au sein de ce cercle restreint. Son absence laisse un vide diplomatique que peu d’autres nations africaines semblent en mesure de combler immédiatement.
Un retour espéré en 2027
Le regard de Pretoria est toutefois déjà tourné vers l’après-Trump. La présidence du G20 devant échoir au Royaume-Uni en 2027, les autorités sud-africaines espèrent que ce changement de leadership permettra un retour à la normale. En attendant, le pays choisit de faire le dos rond, préférant l’absence volontaire à une confrontation permanente sous les projecteurs de la scène mondiale.