
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Fonds monétaire international (FMI) ont franchi une étape décisive le vendredi 27 mars à Abuja. En signant un protocole d’accord historique, les deux institutions scellent une alliance destinée à transformer la gouvernance macroéconomique et à insuffler une nouvelle dynamique à l’intégration régionale.
Un cadre structuré pour la stabilité financière
Paraphé au siège de la Commission de la CEDEAO par le Dr Omar Alieu Touray, président de la Commission, et le Dr Wautabouna Ouattara, directeur exécutif du FMI pour l’Afrique de l’Ouest, cet accord ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il établit un cadre de coopération technique et politique sans précédent.
L’objectif est clair : renforcer la coordination des politiques économiques. Le partenariat met l’accent sur trois piliers fondamentaux :
- La politique budgétaire : Pour une meilleure gestion des ressources publiques.
- La gestion de la dette : Afin de garantir la viabilité financière des États membres.
- Les systèmes statistiques : Pour une prise de décision basée sur des données fiables et harmonisées.
Vers l’Union monétaire de la CEDEAO
Pour le Dr Omar Alieu Touray, ce rapprochement est un levier essentiel pour l’avenir de la zone. Lors de la cérémonie, il a souligné que cet accord permettra d’approfondir le dialogue politique et d’affiner la surveillance macroéconomique régionale. C’est, selon lui, une condition sine qua non pour faire progresser le projet d’Union monétaire de la CEDEAO, souvent freiné par les disparités économiques entre les pays membres.
« Cet accord contribuera à améliorer la surveillance macroéconomique régionale, tout en faisant progresser le projet d’Union monétaire. » — Dr Omar Alieu Touray
Porter la voix de l’Afrique de l’Ouest à l’international
De son côté, le FMI voit en ce partenariat un moyen de mieux intégrer les réalités ouest-africaines dans la finance mondiale. Le Dr Wautabouna Ouattara a précisé que cette synergie permettra de « renforcer la voix collective » des États membres au sein de l’institution de Bretton Woods.
L’enjeu est de taille : s’assurer que les priorités de développement de l’Afrique de l’Ouest soient mieux entendues et prises en compte lors des grands débats économiques internationaux.