
Un engagement tchadien pour renforcer la mission multinationale d’appui à la sécurité
Le Tchad a officiellement confirmé son intention de déployer 800 policiers et gendarmes en Haïti d’ici juin 2026, pour renforcer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMS). Un geste fort dans un contexte où la mission, promise initialement à 2 500 hommes, peine à rassembler ses forces : seuls 1 000 policiers kényans et quelques soldats jamaïcains sont actuellement sur le terrain, un effectif largement insuffisant face à l’ampleur de la crise sécuritaire qui paralyse Haïti.
L’INSUFFISANCE DES ARMEES KENYANNES
Cette annonce intervient alors que le Kenya, qui assure la direction de la MMS, a annoncé son retrait progressif, jetant une ombre sur la capacité de la mission à maintenir sa cohésion et son efficacité. Le Tchad, rejoint par le Bénin et le Bangladesh, avait déjà promis un soutien en octobre 2023, mais aucun de ces pays n’avait encore concrétisé son engagement par un déploiement effectif.
PORT AU PRINCE : UNE ZONE DES GANGS
La situation à Port-au-Prince est désespérée : une grande partie de la capitale haïtienne est aujourd’hui contrôlée par des gangs armés, plongeant la population dans une spirale d’insécurité, d’urgence humanitaire et de chaos politique. Le renfort tchadien, s’il se matérialise, ne comblera qu’une partie du déficit en effectifs, mais il symbolise une dynamique nouvelle.
LA COOPERATION SECURITAIRE AFRICAINE
En effet, ce déploiement illustre une avancée majeure dans la coopération sécuritaire africaine. Hier au Mali, aujourd’hui en Haïti, le Tchad incarne cette volonté des États africains de s’entraider face aux défis communs. Cette solidarité régionale témoigne d’une prise de conscience stratégique : l’Afrique se mobilise pour défendre ses intérêts et soutenir la stabilité au-delà de ses frontières.
FRANZ FANON DANS LE DUEL
Cette démarche résonne avec les réflexions de Frantz Fanon, qui dénonçait les divisions internes au sein des peuples africains : « J’ai cru longtemps que les hommes d’Afrique ne se battaient pas entre eux. Hélas, le sang noir coule, des frères s’entretuent. » Haïti vit aujourd’hui cette tragédie, où des forces étrangères contrôlent une grande partie de Port-au-Prince, exacerbant les fractures internes.
VERS UNE HARMONISATION DES FORCES AFRICAINES
Face à cet ennemi commun, la mobilisation tchadienne en Haïti est un signal fort : l’Afrique avance, unie dans la lutte pour la sécurité et la paix, refusant de rester spectatrice des crises qui déchirent ses frères d’outre-mer.