Dans l’optique de réduire sa dépendance vis-à-vis des pays étrangers dont la Chine et de sécuriser ses matières premières, la Commission de l’Union Européenne a retenu 47 projets miniers qui vont bénéficier d’une accélération des procédures de permis d’exploitation et de prêts ou de garanties bancaires d’un montant de deux milliards d’euros. C’est à la suite du lancement mardi, d’un appel à candidatures pour des projets d’extraction et de transformation minières.
L’union européenne ne voudrait plus dépendre des partenaires étrangers en ce qui concerne le besoin en minerais stratégiques. Mardi au cours d’une conférence de presse au siège de l’organisation la commission de l’UE a lancé un appel à candidatures pour des projets d’extraction et de transformation minières.
Sur 168 candidatures présentées, 47 vont bénéficier d’une accélération des procédures de permis d’exploitation et de prêts ou de garanties bancaires d’un montant de deux milliards d’euros. _ »Pendant longtemps, les matières premières ont été l’angle mort de notre politique industrielle. Trop compliqué, trop cher, trop long à produire, l’Europe a préféré acheter quasi exclusivement, en dehors de ses frontières, la plupart des matières premières dont elle avait besoin »_ fait savoir Stéphane Séjourné, Commissaire Européen. Il faut dire que selon lui, il y a urgence d’aller vite, le contexte géopolitique obligeant depuis l’avènement de Donald Trump à la maison blanche.
Dix-sept matières premières et terres rares comme l’aluminium, le cobalt ou le graphite ont été identifiées comme « matières premières critiques ». Et pour chacune d’elles, l’UE doit pouvoir d’ici à 2030 assurer sur son territoire au moins 10% des besoins d’extraction, 40% de la transformation et 25% du recyclage. Relevons que, les projets présentés mardi sont implantés dans 13 pays membres. Huit d’entre eux sont situés en France, dont deux projets d’extraction de lithium dans l’Allier (groupe Imerys) et en Alsace (Eramet). Mais il est important de noter que, l’autre aspect des choses à relever, est le fait pour l’union européenne de ne plus avoir une dépendance vis-à-vis de la Chine.
Pour d’ailleurs sécuriser ses approvisionnements, l’UE a adopté l’an dernier une législation. _ »Si vous prenez le lithium, par exemple, l’Europe extrait du lithium, mais ce lithium est ensuite envoyé pour être raffiné en Chine et nous nous retrouvons donc à 100 % dépendant de la Chine pour une matière première dont nous disposons sur le territoire européen. Je le dis clairement, nous ne voulons pas remplacer notre dépendance aux combustibles fossiles par une dépendance aux matières premières et le lithium chinois ne sera pas le gaz russe de demain. »_ a fait savoir le Commissaire Européen.
Cette action vise pour l’union européenne à retrouver sa souveraineté. Pour l’occasion, d’abord vingt-cinq projets d’extraction minière devront être approuvés en à peine plus de deux ans. De même, vingt-quatre projets de transformation, de raffinage ou de recyclage doivent être lancés sous quinze mois. Dans son plan l’UE, entend extraire davantage de matières premières en Europe (mais aussi les transformer et les recycler), diversifier les fournisseurs étrangers, développer des achats en commun pour réduire les coûts et constituer des stocks stratégiques. Avec la mise sur pieds de cette politique quoique contestée par les militants écologistes, l’UE entend ne plus dépendre d’un pays tiers unique pour plus de 65% de ses besoins.
Il est à noter que par les 47 projets retenus, certains sont outre-l’Union Européenne condition que le pays accepte de donner la priorité à l’Europe pour l’achat des minerais extraits. L’UE indique qu’un nouvel appel à candidatures sera lancé d’ici à la fin de l’année, pour multiplier les initiatives, car trois matières premières identifiées comme critiques manquent encore à l’appel : le bismuth, le silicium et le titane.