L’Afrique accuse un retard important dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Ce sont là les avertissements de Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Selon les précisions de ce dernier dans un communiqué publié le 20 mai, sur les 169 cibles mesurables des ODD, seules quatre pourraient être atteintes d’ici 2030. Soixante-dix progressent trop lentement et vingt-neuf régressent.
Il faut dire que le continent est confronté à un enchevêtrement de crises : Des chocs climatiques au surendettement croissant, en passant par l’instabilité géopolitique et la fragmentation financière mondiale. À cela peuvent s’ajouter la baisse de l’aide publique au développement et l’affaiblissement des mécanismes multilatéraux, contribuant à creuser un déficit de développement.
La dette publique africaine quant à elle, a atteint 1 860 milliards de dollars en 2024, avec un ratio dette/PIB passé de 44,4 % en 2015 à 66,7 %. Une charge qui détourne les ressources des priorités pourtant essentielles.
Toujours selon les données transmises par Claver Gatete, environ 600 millions d’Africains restent sans électricité. Par ailleurs, 476 millions d’entre eux vivent toujours dans la pauvreté, dont 149 millions y ont été précipités récemment par des perturbations économiques et climatiques.
Le déficit de financement nécessaire pour atteindre les ODD s’élève désormais à 1 300 milliards de dollars par an.
Même si la croissance du PIB africain est projetée à 3,8 % en 2025 et 4,1 % en 2026 – un rythme supérieur à la moyenne mondiale de 3,1 % selon l’Organisation de coopération et de développement économique– cela reste insuffisant pour atteindre l’ODD-8, qui exige une croissance de 7 % pour éradiquer la pauvreté.