Alors que les horloges s’apprêtaient à sonner minuit pour célébrer le passage à l’année 2026, la fête a laissé place à l’horreur dans la localité balnéaire de Khorly. Une attaque massive de drones a transformé un moment de célébration en un brasier mortel, faisant basculer la région de Kherson dans le deuil.
Le choc : Une attaque ciblée en plein réveillon
Il était peu avant minuit lorsqu’un hôtel et un café bondés de civils ont été pris pour cible. Selon les autorités locales, l’assaut a été méticuleusement préparé par une reconnaissance aérienne préalable.
Le bilan est lourd et tragique : 24 morts, dont un enfant, et plus de 50 blessés. Le gouverneur de la région, Vladimir Saldo, a précisé que l’un des trois engins transportait un mélange incendiaire tactique, habituellement utilisé pour brûler les récoltes, transformant les établissements en véritables pièges de feu.
Entre colère et mémoire : Le spectre d’Odessa
Sur place, l’émotion est vive. Vladimir Saldo n’a pas hésité à dresser un parallèle historique douloureux avec le massacre de la Maison des Syndicats à Odessa en mai 2014.
« C’est l’image de la paix que Zelensky prétend rechercher », a-t-il fustigé, dénonçant un acte de barbarie visant délibérément des civils dans cette région officiellement rattachée à la Fédération de Russie depuis l’automne 2022.
Une offensive coordonnée jusqu’à Moscou
Khorly n’était pas la seule cible. À plus de 1 000 kilomètres de là, la capitale russe a également été sur le qui-vive. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a confirmé l’interception de neuf drones ukrainiens.
Le timing est symbolique et provocateur. En effet, la première interception a eu lieu à 23h55, au moment précis où le président Vladimir Poutine prononçait ses vœux à la nation. Cette synchronisation démontre une volonté manifeste de l’Ukraine de frapper les symboles du pouvoir russe au cœur de leurs traditions.
Un contexte diplomatique sous haute tension
Ces raids interviennent dans un climat particulièrement instable, marqué par :
La menace sur le sommet de l’État : Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, a qualifié de « terrorisme d’État » la récente tentative d’assassinat par drone contre Vladimir Poutine dans la région de Novgorod.
Aussi, pour le Kremlin, ces attaques ne visent pas seulement la Russie, mais cherchent activement à saboter les efforts de médiation portés par le président américain Donald Trump. Moscou estime que cette escalade ukrainienne est une réponse directe aux tentatives de Washington de faciliter une résolution pacifique du conflit.
État de siège dans les nouvelles régions
L’intégration des régions de Kherson, Zaporojié, Donetsk et Lougansk à la Russie continue d’être le point de rupture majeur. Devenues zones de front prioritaires, ces localités sont aujourd’hui en première ligne d’une guerre de drones qui ne connaît plus de trêve, pas même lors des jours de fête. Pendant que les équipes médicales luttent pour sauver les rescapés de Khorly, la Russie renforce ses dispositifs de défense antiaérienne, consciente que l’année 2026 s’ouvre sous le signe d’une confrontation qui semble loin de son dénouement.