Le procès de Mahamadou Gassama, membre du Conseil national de transition (CNT) malien, s’est tenu ce vendredi 9 janvier 2026 au tribunal d’Abidjan-Plateau. Poursuivi pour outrage au chef de l’État ivoirien, l’élu de 67 ans a présenté ses excuses avant que le parquet ne réclame une peine de prison ferme.
Une vidéo virale à l’origine de l’affaire
L’affaire remonte à 2024. Mahamadou Gassama avait été interpellé par la Direction de surveillance du territoire (DST) suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, le député malien s’en prenait violemment au président Alassane Ouattara, affirmant que ce dernier « n’est pas Ivoirien » et le qualifiant de « déstabilisateur » ainsi que d’« ennemi du Mali ».
Accusé d’outrage au chef de l’État et d’atteinte aux institutions, le prévenu a reconnu l’intégralité des faits lors de l’audience.
Le réquisitoire : « Condamner avec la dernière énergie »
Le ministère public a fustigé des propos jugés « méprisants envers les institutions de la République ». Estimant que la culpabilité du prévenu est établie et que la gravité des faits ne fait aucun doute, le parquet a requis :
* 5 ans de prison ferme ;
* Une amende de 500 000 F CFA.
« C’est inacceptable. Il doit être condamné avec la dernière énergie », a martelé le représentant du ministère public.
La stratégie du repentir
Vêtu d’un boubou bleu sombre, Mahamadou Gassama a choisi de s’adresser à la cour en français, délaissant l’interprète en langue bambara mis à sa disposition. Adoptant un ton empreint de contrition, il a réitéré sa demande de pardon :
« Je présente mes excuses au grand frère (Alassane Ouattara), à tout le peuple ivoirien et à toute sa famille », a-t-il déclaré à la barre.
La défense plaide la clémence
Son avocat, Me Mamadou Ismaïla Konaté (ancien garde des Sceaux du Mali), a axé sa plaidoirie sur le repentir sincère de son client, déjà détenu depuis six mois. Tout en reconnaissant la faute, il a jugé les réquisitions du parquet disproportionnées :
* L’argument de la défense : « Vous avez en face de vous une proie et non un adversaire. »
* La demande : Une peine n’excédant pas six mois pour permettre une libération immédiate.
Verdict attendu fin janvier
À l’issue de l’audience, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le sort de Mahamadou Gassama sera fixé le 30 janvier 2026. Ce verdict sera particulièrement scruté, tant il touche à la sensibilité des relations diplomatiques entre Abidjan et Bamako.