Un mois après la tentative de coup d’État qui a secoué Cotonou, les Béninois ont voté ce dimanche pour un double scrutin législatif et communal. Si le calme a régné dans les bureaux de vote, l’enjeu dépasse la simple attribution de sièges : il s’agit de dessiner le visage de la future élection présidentielle d’avril.
Un scrutin sous haute surveillance
Le contraste était saisissant ce dimanche 11 janvier. Dans les rues de Cotonou et de Parakou, le déploiement sécuritaire massif rappelait les événements du 7 décembre 2025, lorsqu’une tentative de putsch avait été déjouée. Pourtant, l’ambiance aux abords des centres de vote est restée sereine.
Près de 9 millions d’inscrits étaient appelés à renouveler l’Assemblée nationale (109 députés) et les conseils communaux (1 800 sièges). Ce vote est le premier depuis la révision constitutionnelle de novembre 2025, qui a porté le mandat des élus à sept ans.
Les forces en présence : Un test pour la mouvance
Le dépouillement, qui a débuté dès la fermeture des bureaux à 16h, est suivi de près par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA).
– Mouvance Présidentielle : Conserver la majorité absolue (actuellement 81 sièges) pour valider la transition après le départ de Patrice Talon.
– Opposition (Les Démocrates) | Atteindre le seuil critique des 20 % de suffrages par circonscription pour éviter une éviction totale du Parlement.
> Le chiffre clé : 20 %. C’est le seuil de représentativité nationale requis. Pour le parti de l’ancien président Boni Yayi, l’enjeu est existentiel : une défaite ici les priverait de toute influence législative jusqu’en 2033.
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La Présidentielle d’avril en ligne de mire
Bien que Patrice Talon ait confirmé son intention de quitter le pouvoir en avril 2026, l’ombre de la succession plane sur ce scrutin. Ces législatives font office de « primaire géante » :
* Elles mesurent la popularité réelle de la coalition au pouvoir après les troubles de décembre.
* Elles déterminent qui contrôlera l’appareil législatif lors de l’investiture du prochain président.
« Voter pour la paix »
Dans le quartier de Fidjrossè, l’humeur des électeurs oscillait entre espoir et résignation. « Nous avons eu peur le mois dernier », confie Marc, un enseignant de 45 ans. « Aujourd’hui, on vote surtout pour montrer que le pays tient debout et que la démocratie ne s’arrête pas à cause d’un coup de force raté. »
Les premiers résultats officiels provisoires sont attendus dans le courant de la semaine. Ils donneront le ton d’une année 2026 qui s’annonce comme la plus décisive de l’histoire politique récente du Bénin.