À trois semaines du lancement de la nouvelle architecture de médiation de l’Union Africaine (UA), le Président togolais Faure Gnassingbé est à Luanda ce lundi. Au cœur de ce tête-à-tête avec João Lourenço : la résolution de la crise à l’Est de la RDC et l’harmonisation des initiatives de paix avant le prochain sommet de l’UA.
Un axe Lomé-Luanda pour stabiliser l’Afrique centrale
Invité par son homologue angolais, actuel président en exercice de l’Union Africaine, le médiateur Faure Gnassingbé arrive à Luanda avec un dossier brûlant. Cette visite de travail marque une étape décisive pour la diplomatie togolaise, désormais officiellement mandatée par l’UA pour piloter le processus de paix en République Démocratique du Congo (RDC).
L’objectif est clair : coordonner les efforts entre la médiation de Luanda (processus diplomatique) et celle de Lomé (processus politique et sécuritaire) pour offrir un front uni face à l’instabilité dans la région des Grands Lacs.
Une architecture de médiation « XXL »
La force de cette nouvelle mission réside dans son dispositif. Finie la médiation isolée, place à une équipe de « Sages » africains aux compétences sectorielles, coordonnée par le Togo :
* Sécurité & Militaire : Olusegun Obasanjo (ex-Nigéria).
* Dialogue avec les groupes armés : Uhuru Kenyatta (ex-Kenya).
* Humanitaire : Sahle-Work Zewde (ex-Éthiopie).
* Économie Régionale : Mokgweetsi Masisi (ex-Botswana).
* Réconciliation & Société Civile : Catherine Samba-Panza (ex-RCA).
> « Cette mission s’annonce déterminante pour la gestion de la crise à l’Est de la RDC », précise le communiqué de la Présidence togolaise.
Lomé, épicentre des négociations internationales
Cette visite intervient dans la foulée de la rencontre de haut niveau tenue les 16 et 17 janvier derniers à Lomé. La capitale togolaise a réussi le tour de force de réunir les représentants de la RDC et du Rwanda, ainsi que des partenaires stratégiques comme les Nations Unies, l’Union Européenne, les États-Unis et le Qatar.
L’enjeu pour Faure Gnassingbé est d’assurer la cohérence entre les différentes organisations régionales (SADC, CAE, CIRGL) afin d’éviter une dispersion des initiatives qui a, par le passé, freiné le retour de la paix.
Ce qu’il faut retenir du dispositif :
* Un Secrétariat Conjoint Indépendant : Une structure technique associant toutes les communautés économiques régionales (SADC, CAE, etc.).
* Un Mandat Inclusif : Le Togo mise sur une approche qui intègre non seulement les chefs d’État, mais aussi la société civile et les femmes.
* Une Coopération renforcée : Le soutien logistique et diplomatique des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU est déjà acté.
💡 L’info en plus :
Le Président Faure Gnassingbé ne voyage pas seul dans cette mission. Il est appuyé par une Unité présidentielle de médiation et le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Robert Dussey, faisant du Togo le véritable pivot de la diplomatie préventive sur le continent en 2026.
Par la Rédaction | Lundi 9 Février 2026 | Temps de lecture : 4 min