Dix jours après le passage dévastateur du cyclone tropical Gezani sur la côte est de Madagascar, la ville de Toamasina panse ses plaies. Si l’aide humanitaire commence enfin à affluer au stade Barikadimy, les sinistrés, dont beaucoup ont tout perdu, oscillent entre reconnaissance et urgence de survie. Reportage au cœur d’une ville qui tente de se relever.
Le stade Barikadimy : Épicentre de la survie
Depuis mercredi, le stade Barikadimy ne résonne plus des cris des supporters, mais de l’agitation des distributions d’urgence. Des centaines de résidents, chassés de leurs quartiers par des vents soufflant à plus de 200 km/h, font la queue pour obtenir des kits de santé, des vivres et des produits de purification d’eau.
Pour Norbert, l’une des victimes de la catastrophe, ce soutien est un soulagement, bien que modeste face à l’ampleur du désastre :
> « Ce n’est pas beaucoup, mais nous sommes déjà reconnaissants. Nous encourageons le gouvernement à donner encore plus, car les besoins sont immenses. »
L’urgence absolue : Un toit avant le couvert
Si les ventres crient famine, c’est l’absence de logement qui hante les esprits. À Toamasina, des quartiers entiers ont été réduits en ruines le 10 février dernier. Pour de nombreuses familles, dormir à la belle étoile sous les pluies résiduelles est devenu le quotidien.
« Après la pluie, il n’y a plus de maison », déplore Norbert. « La priorité, c’est le logement. Il nous faut un endroit où vivre avant même de penser à la nourriture. »
La politique du terrain : Le maire au contact
Face à cette crise qui touche plus de 270 000 personnes dans la région d’Atsinanana, le maire de Toamasina, Andriafanomezantsoa Alain Lova, a choisi de quitter son bureau pour le bitume.
« Rester au bureau ne résout pas les problèmes », a-t-il déclaré lors d’une inspection des zones sinistrées. « Il faut descendre sur le terrain pour entendre les préoccupations réelles du peuple. La commune est là, prête à soutenir chaque citoyen. »
Les chiffres clés de la crise :
* 270 000+ : Nombre de personnes touchées par le cyclone Gezani.
* 200 km/h : Vitesse des vents enregistrée le 10 février.
* 36 Tonnes : Volume d’aide d’urgence envoyé par la ville d’Antananarivo en signe de solidarité nationale.
L’analyse de la Rédaction
Cette catastrophe met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité de la Grande Île face aux aléas climatiques extrêmes de 2026. Si la solidarité entre Antananarivo et Toamasina prouve la résilience du peuple malgache, la question du relogement durable reste le défi majeur pour éviter une crise sanitaire prolongée dans l’Est.
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