De Mumbai à Nairobi, l’intelligence artificielle ne doit plus être une arme d’hégémonie, mais un outil de civilisation. C’est le message fort porté par Emmanuel Macron ce jeudi lors de l’« India AI Impact Summit 2026 ». Devant un parterre de dirigeants et de géants de la Tech, le président français a plaidé pour une alliance numérique souveraine entre l’Europe, l’Inde et l’Afrique.
L’anecdote du vendeur ambulant : Le symbole d’une révolution
Pour ouvrir son discours, Emmanuel Macron a choisi une image parlante : celle d’un vendeur de rue à Mumbai.
> « Il y a dix ans, il ne pouvait pas ouvrir de compte bancaire. Pas d’adresse, pas d’accès. Aujourd’hui, il accepte des paiements instantanés sur son téléphone. Ce n’est pas seulement de la technologie, c’est une histoire de civilisation. »
En saluant l’IndiaStack (l’infrastructure numérique souveraine de l’Inde), le chef de l’État français a souligné que l’identité numérique pour 1,4 milliard de personnes est un exploit qu’aucun autre modèle — ni américain, ni chinois — n’a égalé avec une telle inclusion.
Refuser le statut de « simple marché »
Face à la course aux armements numériques (le projet Stargate aux USA ou DeepSeek en Chine), la France et l’Inde prônent la frugalité numérique et les « petits modèles de langage » (SML), plus agiles et moins coûteux.
L’objectif est clair : l’autonomie stratégique.
« Aucun pays n’est tenu de servir uniquement de marché où les entreprises étrangères vendent leurs modèles et téléchargent les données de leurs citoyens », a martelé Emmanuel Macron. Une déclaration qui résonne avec force pour les nations africaines en pleine transition numérique.
Cap sur l’Afrique : Le rendez-vous de Nairobi
Le président français a profité de cette tribune pour braquer les projecteurs sur le continent africain, annonçant le sommet « Africa Forward » qui se tiendra au Kenya en mai prochain.
Les points saillants de cette nouvelle coalition :
* Inclusion : Apporter les meilleurs outils numériques à la population la plus jeune du monde.
* Souveraineté : Développer des modèles d’IA adaptés aux réalités locales plutôt que d’importer des solutions « clés en main ».
* Protection : Vers une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, une mesure que l’Inde pourrait rejoindre.
L’Œil de la Rédaction
En lançant un « Jai Ho ! » (Victoire !) vibrant à la fin de son discours, Emmanuel Macron ne s’adressait pas qu’aux Indiens. Il lançait un signal aux pays du Sud global : la technologie n’est pas qu’une affaire de milliards de dollars, c’est une affaire de volonté politique. Pour nos lecteurs au Gabon, au Mali ou à Madagascar, cet axe Paris-Delhi-Nairobi pourrait bien être le levier nécessaire pour que l’IA serve enfin le développement humain plutôt que le profit des plateformes.
Participez au débat !
L’IA peut-elle aider l’Afrique à brûler les étapes du développement ou risque-t-elle de creuser davantage le fossé numérique ?
💬 Dites-nous ce que vous en pensez en commentaire.
Par la Rédaction de FORYOU MÉDIA AFRICA | Publié le 19 février 2026