Après huit ans de négociations bilatérales sans issue, le Ghana a officiellement saisi le Tribunal international du droit de la mer pour trancher le litige frontalier maritime avec le Togo. Lomé « prend acte » de cette décision tout en réaffirmant son exigence d’une solution équitable dans la zone stratégique de Kéta-Est.
Un tournant dans le Golfe de Guinée
Le dialogue direct a ses limites, et le Ghana vient de les franchir. Le 20 février 2026, Accra a notifié officiellement au Togo l’ouverture d’une procédure d’arbitrage international, s’appuyant sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
Cette décision marque une rupture avec le cadre des discussions techniques engagées depuis 2018 entre la Ghana Boundary Commission et la Commission nationale des frontières maritimes du Togo. Pour le gouvernement ghanéen, il s’agit de mettre fin à une incertitude juridique qui paralyse l’exploitation de ressources offshore majeures.
Kéta-Est : Le coffre-fort de la discorde
Au centre de ce bras de fer : le bloc ultra-profond de Kéta-Est. Cette zone maritime, potentiellement riche en pétrole et en gaz, est le théâtre de tensions récurrentes depuis 2016.
* La position du Ghana : Accra souhaite sécuriser ses investissements pétroliers, fort de sa jurisprudence victorieuse contre la Côte d’Ivoire en 2017.
* La position du Togo : Lomé conteste tout empiétement sur sa Souveraineté. Le gouvernement togolais insiste sur le fait que la frontière héritée de la colonisation n’a jamais été formellement délimitée et réclame un partage basé sur l’équité.
> « Le Togo réaffirme son attachement au bon voisinage et au règlement pacifique des différends, mais dans le strict respect des principes de justice consacrés par le droit international », indique le communiqué officiel de Lomé.
Quels enjeux pour la sous-région ?
L’internationalisation de ce conflit souligne la compétition féroce pour les ressources énergétiques en Afrique de l’Ouest. Pour le Togo, l’enjeu est double :
* Sécurité énergétique : Garantir l’accès à ses gisements offshore pour soutenir son plan de développement national.
* Stabilité maritime : Éviter que les incidents entre navires et institutions ne dégénèrent, alors que le Golfe de Guinée reste une zone sensible pour le commerce mondial.