
La Guinée accélère sa marche vers la transformation locale de ses richesses minières. Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a annoncé ce vendredi 20 mars 2026 le lancement prochain d’une troisième raffinerie de bauxite à Boffa, en marge de la célébration de l’Aïd el-Fitr.
Selon le ministre, le projet s’inscrit dans la stratégie des autorités visant à réduire l’exportation de minerais à l’état brut et à développer une industrie de transformation sur le sol guinéen. « Les travaux devraient démarrer dès le mois d’avril », a-t-il précisé, sans toutefois détailler, à ce stade, le montage financier ni la capacité de production envisagée.
UNE MONTEE EN PUISSANCE ETALEE JUSQU’EN 2028
Bouna Sylla a profité de cette sortie pour faire le point sur les chantiers déjà engagés. À Boffa, une première raffinerie, lancée en mars 2025, avance vers une mise en service annoncée d’ici décembre 2027. Parallèlement, une deuxième unité, en construction depuis décembre 2025 dans la région de Boké, est attendue pour fin 2028.
Avec cette troisième annonce, le gouvernement affiche une volonté de franchir un cap : passer d’un modèle d’exportation brute à une économie de valeur ajoutée, capable de générer davantage d’emplois, de revenus et de retombées locales.
SCANDAL GEOLOGIQUE : TRANSFORMER L’ABONDANCE EN PROSPERITE
Le ministre a rappelé la formule souvent utilisée pour décrire le sous-sol guinéen, qualifié de scandale géologique tant les ressources y sont abondantes. Pour lui, l’enjeu n’est plus de constater cette richesse, mais de la convertir en prospérité économique tangible, au bénéfice des populations.
Dans la même dynamique, Bouna Sylla a également évoqué un autre chantier : la mise en place d’une raffinerie d’or, destinée, là encore, à limiter l’exportation des minerais bruts et à renforcer la chaîne de valeur nationale.
LE PARI INDUSTRIEL, SOUS CONDITION DE STABILITE
Dernier message, mais non des moindres : le ministre a insisté sur la nécessité d’un climat de paix et de cohésion sociale pour accompagner ces projets structurants. Une stabilité jugée indispensable pour sécuriser les investissements, garantir la continuité des travaux et transformer ces annonces en réalisations concrètes.
Si les calendriers annoncés sont respectés, la Guinée pourrait amorcer, d’ici la fin de la décennie, un tournant industriel majeur dans la filière bauxite avec, en ligne de mire, la promesse d’un développement plus inclusif.