
Alors que le président français entame une tournée entre l’Égypte, le Kenya et l’Éthiopie ce 9 mai, le décor a changé. Ce n’est plus Paris qui dicte l’ordre du jour, mais une Afrique souveraine qui impose ses conditions. Macron vient-il sceller un partenariat ou tenter de sauver les derniers vestiges d’une influence en déclin ?
Africa Forward » à Nairobi : Un Sommet pour « Supplier » le Maintien des Accords ?
Le sommet de Nairobi, pompeusement baptisé « Africa Forward », ressemble à s’y méprendre à une opération de la dernière chance. Après l’échec du sommet de Montpellier en 2021 qui tentait de contourner les États, Emmanuel Macron fait machine arrière et convoque à nouveau les chefs d’État.
L’enjeu réel : Face à la montée en puissance de nouveaux partenaires mondiaux, la France semble venir « quémander » de nouveaux accords économiques.
Une rupture forcée : Ce n’est pas la France qui « tourne la page » de la Françafrique par choix, c’est l’Afrique qui a déjà déchiré le livre.
Le Pivot Kényan et l’Éthiopie : La Quête Désespérée de Nouveaux Alliés
En se tournant vers l’Afrique de l’Est, Paris tente de s’extraire de ses échecs en Afrique de l’Ouest.
À Nairobi : Macron s’appuie sur William Ruto, non pas comme un maître, mais comme un intermédiaire nécessaire pour espérer exister dans la nouvelle architecture financière mondiale.
À Addis-Abeba : La visite au siège de l’Union Africaine le 13 mai sonne comme une reconnaissance tardive : Paris n’a plus les clés des crises africaines. Les solutions sont désormais endogènes, et la présence d’Antonio Guterres souligne que la France n’est plus qu’un acteur parmi d’autres, et non plus le « gendarme » du continent.
Soft Power et Restitutions : Trop Peu, Trop Tard ?
L’inauguration de l’Université Senghor en Égypte et les discussions sur les biens culturels sont perçues par beaucoup comme une diplomatie de la diversion.
« On ne répare pas des siècles de pillages et de domination politique par quelques concerts et des restitutions au compte-gouttes. »
L’Afrique ne se laisse plus séduire par les symboles culturels pendant que les enjeux de souveraineté monétaire et sécuritaire sont portés par les Africains eux-mêmes.
L’AGENDA D’UNE TOURNÉE SOUS HAUTE TENSION (9 – 13 MAI)
Date,interprétation souverainiste
9 Mai Égypte :Tentative de ralliement via la Francophonie, un outil en perte de vitesse.
10-12 Mai Kenya: Opération de survie économique : Chercher des marchés là où la France n’est plus prioritaire.
13 Mai Éthiopie: Admission de l’impuissance française face à la nouvelle gouvernance de l’UA.
L’Œil de l’Expert : Une Afrique qui a pris son Destin en Mains
Cette tournée 2026 ne trompe personne. Emmanuel Macron arrive sur un continent qui a diversifié ses alliances et qui ne craint plus les pressions de l’Élysée. Le déséquilibre historique s’est inversé : aujourd’hui, c’est la France qui a besoin de l’Afrique pour sa survie économique, et non l’inverse.
Le temps où Paris distribuait les bons points est révolu. L’Afrique est désormais le maître du jeu.