
Par la Rédaction
La République démocratique du Congo dément tout communiqué qui refait surface depuis quelques jours. Face aux allégations pointant la présence de traces d’uranium dans ses exportations de cobalt à destination de la Chine, le gouvernement congolais a opposé un démenti catégorique, brandissant l’argument de la souveraineté et de la transparence.
L’affaire fait tousser dans les milieux diplomatiques et industriels. Une enquête menée par Lighthouse Reports, en partenariat avec le Financial Times et Le Monde, affirme qu’entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium auraient quitté la République démocratique du Congo vers la Chine entre 2000 et 2024, mélangées aux cargaisons d’hydroxyde de cobalt. Cette étude a jeté le pavé dans la mare en évoquant des anomalies minérales dans le cobalt exporté par le géant centrafricain vers l’Empire du Milieu. Une accusation jugée infondée par Kinshasa, qui affirme que l’analyse de composition de ses produits marchands ne corrobore pas les tendances présentées .
Transparence et bouclier sécuritaire
Soucieux de couper court à toute polémique susceptible de fragiliser la filière, l’exécutif joue la carte de l’ouverture. Dans un communiqué officiel, il s’est engagé à rendre les conclusions de ses investigations publiques, « quels qu’ils soient », dans le strict respect du droit à l’information.
Pour bétonner son dossier, Kinshasa a placé la barre haut : un volet sanitaire et environnemental a été intégré à la feuille de route nationale. Son exécution sera pilotée d’une main de fer par le Secrétariat technique du Conseil national de sécurité nucléaire, en synergie avec les institutions compétentes du pays.
Front commun avec Pékin
Du côté des opérateurs économiques, le son de cloche est le même. L’Union des sociétés minières chinoises au Congo (USMCC) est montrée au créneau pour affirmer qu’un audit exhaustif de ses membres n’a révélé aucune anomalie ni aucune teneur excessive en uranium dans les lots de cobalt expédiés.
Au-delà de la controverse technique, Kinshasa a tenu à rappeler un principe non négociable : la pleine et entière souveraineté de la RDC sur ses ressources naturelles. Le gouvernement l’assure, le cobalt congolais continuera d’alimenter les marchés mondiaux sous le signe des standards éthiques, environnementaux et sécuritaires les plus exigeants. Une mise au point claire pour siffler la fin de la récréation.