
Par la Rédaction d’Eurekanews
Quatre mois seulement après le séjour historique du pape Léon XIV, qui a foulé le sol camerounais du 15 au 18 avril 2026 de Yaoundé à Douala en passant par Bamenda, le pays s’apprête à accueillir une autre figure majeure de la chrétienté mondiale. Sarah Mullally, archevêque de Cantorbéry et cheffe de la Communion anglicane, est attendue pour une visite officielle du 31 juillet au 4 août 2026.
À l’agenda de cette haute dignitaire : des échanges approfondis avec les autorités étatiques et les responsables religieux, axés sur la consolidation de la paix, le dialogue interreligieux et le renforcement de la coopération au sein du Commonwealth. Une dynamique préparée activement au sommet de l’État, comme en témoigne la réunion interministérielle présidée ce 20 juillet à Yaoundé par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, aux côtés de Félix Mbayu, ministre délégué chargé de la Coopération avec le Commonwealth.
Pourtant, cette succession rapprochée de visites œcuméniques de haut vol interroge. Dans un État laïc où cohabitent harmonieusement une mosaïque de croyances, quel sens donner à cette offensive diplomatique religieuse ?
Entre impératif de paix et diplomatie d’influence
Si la mission de Léon XIV en avril dernier s’est inscrite dans une démarche directe d’apaisement notamment dans les zones en proie à des tensions sécuritaires, à l’instar des régions anglophones , la venue imminente de la cheffe de l’Église anglicane revêt une autre lecture géopolitique.
Le Cameroun ne se contente pas d’accueillir des bergers d’âmes ; il devient l’épicentre d’une diplomatie spirituelle où les grandes puissances morales mesurent leur influence. La religion, loin de se cantonner à la stricte sphère de la foi, a de tout temps joué un rôle puissant dans la moralisation des sociétés africaines et l’accompagnement des transitions sociopolitiques.
Le Commonwealth en toile de fond
L’implication directe du ministère délégué chargé de la Coopération avec le Commonwealth dans l’organisation de cette visite éclaire l’enjeu sous-jacent. Au-delà du symbole œcuménique, la Communion anglicane constitue un réseau d’influence diplomatique redoutable, particulièrement ancré dans l’espace anglophone.
Alors que le Cameroun cherche à consolider son unité nationale et à valoriser son bilinguisme institutionnel sur la scène internationale, la visite de Sarah Mullally agit comme un catalyseur. Elle rappelle que le soft power religieux demeure un levier incontournable dans la résolution des crises et le renforcement des liens multilatéraux.
En attendant l’arrivée de la cheffe anglicane le 31 juillet prochain, une certitude demeure : Yaoundé s’affirme plus que jamais comme un carrefour diplomatique incontournable, où la foi et la politique dialoguent au plus haut niveau pour dessiner les contours de la stabilité régionale.