À l’occasion de sa visite au Tchad, Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), a plaidé pour un renforcement de l’estime de soi et des droits humains en Afrique. Reçu en audience par le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) du Tchad ce vendredi 18 septembre 2026, le leader de la jeunesse ivoirienne a défendu une vision claire : une souveraineté africaine forte passe par l’exemplarité et le respect rigoureux des libertés fondamentales. Cette rencontre de courtoisie et d’échange a été organisée à l’initiative d’Alladoum Djarma Baltazar, président national de l’ASTRE, en marge du « Campus du Renouveau Politique » qui se tient actuellement dans la capitale tchadienne. Les discussions ont permis d’aborder des enjeux cruciaux pour l’avenir du continent, tels que la démocratie, la citoyenneté, la paix et les dynamiques politiques régionales.

Briser le complexe d’infériorité
Pour Charles Blé Goudé, le premier défi de l’Afrique contemporaine est avant tout psychologique et culturel.
« Africains que nous sommes, nous devons surmonter notre complexe d’infériorité. Nous avons un problème : c’est le manque d’estime de soi, mais aussi le manque d’estime de ce que nous avons et de ce que nous sommes », a-t-il affirmé avec conviction.Selon lui, la prise de conscience de notre propre valeur est le prérequis indispensable pour bâtir des institutions solides et crédibles.
S’affranchir de la justice internationale par l’exemplarité
Fort de son passé, le leader du COJEP a partagé son expérience personnelle pour illustrer l’urgence d’une justice africaine autonome. Ayant comparu aux côtés de l’ex-président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI), il appelle à une prise de conscience collective pour que le continent n’ait plus à externaliser le règlement de ses crises.« Comment faire pour que de telles situations ne se reproduisent plus ? », s’est interrogé l’homme politique ivoirien, après avoir rappelé ses rencontres à La Haye avec des détenus venus du Mali, de la RDC, de l’Ouganda ou de la Centrafrique.
La réponse, selon lui, réside dans le renforcement endogène des cadres juridiques nationaux et régionaux. En devenant le garant intraitable des droits de ses citoyens, l’Afrique privera les puissances extérieures de tout prétexte d’ingérence.« L’appel que nous lançons est donc clair : l’Afrique doit davantage protéger et promouvoir les droits de l’Homme. Ceux qui veulent continuer à nous imposer leurs décisions n’auront plus rien à faire si nous sommes capables de respecter nous-mêmes les droits de l’Homme », a conclu Charles Blé Goudé. Une véritable profession de foi pour une Afrique souveraine, libre de ses choix et maîtresse de son destin.