À Santa Cruz, les transporteurs ont paralysé la ville ce jeudi. En cause : un carburant jugé de piètre qualité qui détruirait les moteurs, conséquence directe de la fin des subventions historiques décidée par le président Rodrigo Paz Pereira.
Le point de rupture
Le bitume brûle à Santa Cruz, mais pas seulement sous l’effet du soleil. Des dizaines de mototaxis et de camions bloquent désormais les principaux axes de la capitale économique bolivienne. Les manifestants dénoncent la distribution d’un carburant qu’ils qualifient de « déchet », rendant leurs outils de travail inutilisables.
> « Le problème, c’est que ce carburant bousille nos moteurs », s’emporte un conducteur de mototaxi, pointant du doigt son réservoir. « Avant, l’essence était subventionnée, propre et abordable. Aujourd’hui, on paie sept boliviens par litre pour un produit qui encrasse tout. »
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L’éthanol dans le viseur
La colère des manifestants se cristallise sur la composition chimique du nouveau mélange proposé à la pompe. Depuis la levée des subventions, le gouvernement a favorisé l’intégration de biocombustibles produits localement pour limiter les importations de pétrole. Une stratégie perçue comme un « bricolage » dangereux par les professionnels de la route.
* Le grief principal : Un mélange excessif d’éthanol issu de la canne à sucre.
* Le constat technique : Des pannes récurrentes, des pertes de puissance et une corrosion prématurée des injecteurs.
« Ne venez pas me parler d’éthanol », tempête un autre gréviste. « C’est du jus de canne à sucre qu’ils mettent dedans ! Même à Cuba ou au Venezuela, on ne voit pas de tels mélanges. Ils font ce qu’ils veulent avec les dosages, et c’est nous qui payons les réparations. »
Le contexte : Le séisme du décret 5503
La crise actuelle prend racine dans le décret 5503 signé en décembre dernier par le président Rodrigo Paz Pereira. Ce texte a mis fin à 20 ans de subventions massives sur les hydrocarbures, une mesure jugée nécessaire par le gouvernement pour sauver les finances publiques, mais qui a fait bondir les prix de transport et le coût de la vie.
Vers un durcissement du mouvement ?
Face au silence des autorités, les manifestants exigent désormais une indemnisation directe pour les dommages mécaniques subis. Ils préviennent : si le gouvernement ne révise pas la qualité du carburant ou ne propose pas de compensation, les blocus s’étendront à l’ensemble du pays.
Pour l’heure, les liaisons de fret entre Santa Cruz et le reste de la Bolivie restent largement perturbées, menaçant l’approvisionnement des marchés locaux.