Crise au Soudan : Khartoum rejette le plan de paix de l’administration Trump
Par la Rédaction | Publié le 27 février 2026 à
L’ESSENTIEL
* Le refus : Le gouvernement soudanais a officiellement rejeté la feuille de route en 5 étapes proposée par Washington.
* Le motif : Khartoum juge que le plan de Massad Boulos porte atteinte à la souveraineté nationale et favorise les paramilitaires (FSR).
* Le contexte : Près de 3 ans de conflit, plus de 40 000 morts et 14 millions de déplacés.
* L’impasse : Le général Al-Burhan maintient l’option militaire jusqu’à la « fin de la rébellion ».
Un « Non » catégorique aux cinq étapes de Washington
Cinq jours après l’intervention de Massad Boulos, conseiller spécial de Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la réponse de Khartoum est tombée comme un couperet.
Le ministère des Affaires étrangères a affirmé, via un communiqué officiel, que le Soudan ne validera aucune proposition qui ne garantit pas l’unité et l’intégrité de son territoire. Le plan américain, qui prévoyait une trêve humanitaire immédiate suivie d’une transition vers un gouvernement civil, est perçu par l’armée régulière comme une ingérence inacceptable.
> « Toute proposition qui ne prendrait pas en compte les intérêts supérieurs du pays ne sera pas approuvée par le gouvernement et ne sera pas mise en œuvre. » — Ministère des Affaires étrangères du Soudan.
Le bras de fer Al-Burhan / Boulos
Ce n’est pas la première fois que le général Abdel Fattah al-Burhan s’oppose à l’émissaire américain. En novembre dernier, il qualifiait déjà les précédentes ébauches de Massad Boulos de « pire de toutes », accusant Washington de vouloir mettre sur un pied d’égalité l’armée nationale et les Forces de soutien rapide (FSR) du général « Hemedti ».
L’argument de la souveraineté reste le bouclier de Khartoum. Le gouvernement accuse notamment certains membres du Quartet (USA, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Égypte) de partialité, pointant du doigt Abou Dhabi pour son soutien présumé en armement aux paramilitaires.
Une urgence humanitaire qui s’aggrave
Pendant que la diplomatie piétine, le pays s’effondre. Depuis le début des hostilités en avril 2023 :
* Bilan humain : Plus de 40 000 morts (chiffres officiellement sous-estimés).
* Déplacements : 14 millions de personnes ont fui les combats.
* Objectif 2026 : La Maison Blanche visait une signature de paix pour le 4 juillet 2026. Un calendrier qui semble désormais utopique.
Pour le général Al-Burhan, la solution ne viendra pas de New York ou de Washington, mais du front. Il réitère sa volonté de poursuivre les opérations « jusqu’à la fin de la rébellion », n’ouvrant la porte qu’à une reddition des FSR en échange d’une amnistie.