
À l’occasion de la Journée des martyrs, le président égyptien a réaffirmé sa ligne rouge : aucun règlement durable au Moyen-Orient ne pourra faire l’économie d’un État palestinien indépendant. Entre enjeux sécuritaires et pertes économiques colossales liées au canal de Suez, Le Caire tente de maintenir l’équilibre.
Un plaidoyer pour la souveraineté et le dialogue
Lors d’un symposium éducatif organisé par les forces armées ce lundi 9 mars 2026, le président Abdel Fattah Al-Sissi a tenu un discours de fermeté. Pour le chef d’État égyptien, la stabilité régionale repose sur un pilier unique : la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.
« Il ne peut y avoir d’accords sans dialogue, pas de solutions sans négociation, et pas de paix sans compréhension mutuelle », a-t-il martelé devant un parterre de hauts gradés et de familles de militaires. Le président a également réitéré le rejet catégorique de l’Égypte face à toute tentative de déplacement forcé des Palestiniens hors de leurs terres, qualifiant de telles manœuvres de menace directe pour la sécurité de la région.
Urgence humanitaire et reconstruction à Gaza
Face à la situation dramatique dans l’enclave, le président Al-Sissi a insisté sur trois axes prioritaires :
– Cessez-le-feu : La pleine mise en œuvre de l’accord pour stopper l’escalade.
– Aide humanitaire : Garantir un flux ininterrompu de vivres et de soins.
– Reconstruction : Lancer sans délai les efforts pour relever Gaza de ses ruines.
Il a par ailleurs mis en garde contre l’extension des tensions vers le bassin du Nil et la Corne de l’Afrique, des zones qu’il juge « inflammables » et potentiellement déstabilisatrices pour l’ensemble du continent.
Le coût de la crise : 10 milliards de dollars perdus
Sur le front économique, le constat est amer. Bien que le président affirme que l’économie égyptienne reste « dans une zone sûre », il a révélé l’ampleur des dégâts collatéraux du conflit.
Depuis octobre 2023, les tensions en mer Rouge et la guerre à Gaza ont amputé les revenus du canal de Suez de près de 10 milliards de dollars. Une perte majeure pour les caisses de l’État, compensée par une stratégie de résilience nationale, mais qui souligne l’urgence d’un retour au calme.