Après trois mois d’un processus électoral haletant, les résultats définitifs tombés ce samedi confirment l’hégémonie totale des soutiens du président Abdel Fattah al-Sissi. Avec plus des deux tiers des sièges, le pouvoir dispose désormais d’un boulevard législatif pour transformer durablement les institutions égyptiennes.
Une victoire par étapes
Le feuilleton électoral égyptien a pris fin ce 10 janvier 2026. L’Autorité nationale des élections (ANE) a levé le voile sur les 49 derniers sièges qui restaient à pourvoir, après une série d’annulations de scrutins en novembre dernier pour irrégularités.
Ce marathon électoral aboutit à une configuration sans surprise : la Liste nationale pour l’Égypte, vaste coalition pro-gouvernementale, domine l’hémicycle.
Les chiffres clés du nouveau Parlement
– Coalition Pro-Sissi : ~ 72 % (élus), Soutien inconditionnel aux réformes présidentielles.
– Indépendants (Pro-pouvoir) | Majorité des sièges restants | Appui d’appoint, souvent issus des milieux d’affaires.
– Femmes (Quota) | 25 % des sièges | Représentativité garantie par la Constitution.
– Nominations Présidentielles | 28 sièges (5 %) | Experts et alliés nommés directement par Al-Sissi.
L’ascension fulgurante du « Front National »
L’un des faits marquants de ce scrutin est l’émergence du Front National, une formation née fin 2024. Porté par l’homme d’affaires Ibrahim al-Organi, figure influente du Sinaï et proche des milieux sécuritaires, le parti s’est imposé comme une pièce maîtresse de la nouvelle majorité. Cette montée en puissance illustre l’alliance croissante entre le pouvoir militaire et les nouvelles élites économiques du pays.
Pourquoi cette majorité change tout
Avec plus de 400 députés sur 596, le camp présidentiel atteint la majorité qualifiée des deux tiers. Ce seuil est crucial : il permet au Parlement d’adopter des révisions constitutionnelles sans avoir besoin du moindre compromis avec les rares voix indépendantes ou d’opposition (social-démocrates, Al-Wafd).
> L’enjeu : De nombreux observateurs s’attendent à ce que cette législature serve de socle pour préparer la « transition » ou pérenniser les réformes structurelles engagées par le chef de l’État avant la fin de son mandat actuel en 2030.
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Un vote marqué par la prudence
Bien que le scrutin ait été techniquement validé, la participation et les reports de vote dans 30 circonscriptions soulignent les défis logistiques et la vigilance de l’ANE face aux fraudes. En dépit de ces ajustements, l’échiquier politique égyptien sort de cette séquence plus monochrome que jamais, tourné vers un objectif unique : la stabilité sous l’égide du « Raïs ».