À Malabo, les deux nations voisines ont signé, ce 3 février 2026, l’accord d’unitisation pour l’exploitation conjointe du champ gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda. Un projet titanesque de 4 milliards de dollars qui marque un tournant pour l’indépendance énergétique de l’Afrique Centrale.
C’est une étape que les experts du secteur pétrolier qualifient de « stratégique ». Le ministre camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry, et le Vice-Président équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, ont officialisé l’exploitation commune d’un gisement dont les réserves font tourner les têtes : 2 500 milliards de pieds cubes (TCF) de gaz naturel.
Un gisement, deux nations, une seule stratégie
Le concept au cœur de cet accord est l’unitisation. Plutôt que de voir chaque pays pomper de son côté au risque d’épuiser prématurément le réservoir, le Cameroun et la Guinée équatoriale ont choisi de traiter le champ comme une entité unique.
* Répartition des ressources : 84 % pour le bloc Yoyo (Cameroun) et 16 % pour le bloc Yolanda (Guinée équatoriale).
* Opérateur technique : Le géant américain Chevron (via Noble Energy).
* Infrastructure : Une plateforme de traitement sera installée côté camerounais, connectée à trois puits de développement.
> « Une coopération sincère est la voie la plus directe vers une gestion efficace des ressources naturelles partagées », a déclaré Teodoro Nguema Obiang Mangue lors de la cérémonie au Palais du Peuple.
Un investissement de 4 milliards de dollars face à l’érosion pétrolière
Ce projet ne se limite pas à une simple entente diplomatique ; il répond à une urgence économique. Les deux pays font face à un vieillissement de leurs champs pétroliers historiques et à une volatilité accrue du dollar. L’investissement global, estimé à 4 milliards de dollars, vise à stabiliser les revenus gaziers pour les décennies à venir.
Le traitement final du gaz sera partagé entre les complexes de Punta Europa (Guinée équatoriale) et de Bipaga (Cameroun), optimisant ainsi les installations industrielles déjà existantes dans les deux pays.
Un cadre juridique « blindé » à l’international
Pour rassurer les investisseurs et garantir la pérennité du projet, le cadre juridique bilatéral a été formellement déposé au Secrétariat général des Nations unies en janvier 2025. Ce caractère irrévocable protège le projet contre d’éventuels changements de politique intérieure.
Les discussions se poursuivent désormais sur des points techniques cruciaux :
* La réglementation des changes (pour la rapatriation des revenus).
* La loi applicable à l’unité de production.
* L’accord d’Opération, ultime étape avant le premier coup de pioche sous-marin.
En chiffres clés
| Caractéristique | Données |
– Réserves estimées | 2,5 TCF (70,5 milliards de m³)
– Profondeur du gisement | 2 300 à 2 800 mètres
– Investissement total | 4 milliards USD
– Part Cameroun | 84 %
– Part Guinée Éq. | 16 %