
Alors que Washington affirme avoir neutralisé l’essentiel du potentiel militaire iranien en onze jours, le nouveau pouvoir à Téhéran menace de paralyser le commerce mondial. Le détroit d’Ormuz est désormais au centre de toutes les craintes.
WASHINGTON / TÉHÉRAN – Le monde retient son souffle. Au onzième jour d’un conflit d’une intensité inédite, deux récits diamétralement opposés s’affrontent. D’un côté, l’optimisme martial de Donald Trump ; de l’autre, la résistance acharnée d’un régime iranien en pleine mutation sous l’égide de son nouveau Guide suprême.
Washington revendique une victoire imminente
Pour la Maison-Blanche, l’opération menée conjointement avec Israël est un succès technique majeur. Selon Donald Trump, l’armée iranienne serait « à genoux ». Les frappes chirurgicales auraient anéanti :
– La majeure partie de la marine et de l’aviation.
– Les sites stratégiques de production de drones.
– Les rampes de lancement de missiles balistiques.
Cette annonce a provoqué un bref soulagement sur les marchés financiers, espérant une résolution rapide de la crise.
Le facteur Mojtaba Khamenei : Téhéran ne plie pas
Cependant, l’espoir d’une reddition rapide se heurte à la réalité politique iranienne. Malgré la disparition de l’Ayatollah Ali Khamenei, la succession s’est organisée autour de son fils, Mojtaba Khamenei. Désigné nouveau Guide suprême, il semble avoir opté pour la ligne dure.
Téhéran a officiellement douché les espoirs américains : la riposte continuera « aussi longtemps que nécessaire ». L’Iran refuse de négocier tant que les bombardements américano-israéliens, qui touchent également le Liban, ne cesseront pas.
Le détroit d’Ormuz : L’arme économique
Le conflit se déplace désormais sur le terrain de la sécurité énergétique mondiale. Des rapports font état de la pose de mines par les Gardiens de la Révolution dans le détroit d’Ormuz, où transitent chaque jour 20 millions de barils de pétrole.
La réaction de Donald Trump sur Truth Social a été immédiate :
> « Si des mines ont été posées et ne sont pas retirées sur-le-champ, les conséquences militaires pour l’Iran seront d’un niveau jamais vu auparavant. »
Un bilan humain et régional lourd
En moins de deux semaines, l’escalade a déjà transformé la région :
– Plus de 1 200 morts signalés dans les zones de conflit.
– 8 militaires américains ont perdu la vie.
– Le Liban subit de nouveaux bombardements massifs, élargissant le front.
Si la Maison-Blanche mise sur un effondrement imminent du régime, la menace d’une paralysie du trafic pétrolier fait peser l’ombre d’une récession mondiale. Le bras de fer ne fait peut-être, en réalité, que commencer.
Le chiffre à retenir
20% : C’est la part du pétrole mondial transitant par le détroit d’Ormuz. Sa fermeture pourrait propulser le prix du baril à des niveaux records.