
Sous l’égide de la ministre tchadienne des Transports, Fatima Goukouni Weddeye, et de son homologue camerounais, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, ce forum dépasse la simple réunion technique. Il s’agit d’une véritable task-force diplomatique et économique.
Pour le Tchad et la RCA, l’accès à la mer n’est plus une contrainte subie, mais un levier de souveraineté partagée. Les ports de Douala et de Kribi s’affirment désormais comme les poumons vitaux d’un organisme régional interdépendant. Comme l’a souligné le ministre camerounais, cette solidarité n’est pas seulement géographique, elle est le socle d’une ambition commune : faire du corridor un modèle de fluidité.
Les Enjeux : Rapidité, Coût et Compétitivité
Pendant trois jours, les acteurs publics et privés s’attellent à une mission claire : « Désenclaver par l’efficacité ».
L’objectif est triple :
Fluidifier :Éliminer les goulots d’étranglement administratifs et physiques aux frontières.
Réduire les coûts : Faire baisser le prix final des marchandises pour les populations locales en optimisant la chaîne logistique.
Sécuriser : Renforcer la fraternité entre les transporteurs, pierre angulaire de cette intégration, pour assurer la continuité des échanges.
Un Modèle pour l’Afrique et la ZLECAF
Au-delà de la zone CEMAC, ce forum envoie un signal fort au reste du continent. En pleine montée en puissance de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), la synergie entre le Cameroun, le Tchad et la RCA prouve que l’intégration régionale est la clé de la résilience face aux chocs mondiaux.
Ce n’est plus seulement le transit de marchandises qui s’organise, c’est une véritable puissance économique régionale
qui se structure. En
harmonisant leurs dispositifs logistiques, ces trois nations ne se contentent pas de commercer ; elles construisent un bloc capable d’imposer sa compétitivité sur le marché continental.
Le Forum de N’Djamena est la preuve par l’action que l’enclavement peut être vaincu par la solidarité institutionnelle et une vision partagée de l’avenir économique africain.