Au Kenya, des dirigeants de la communauté Turkana, dans le nord, se sont opposés dimanche 30 mars, au plan annoncé par le président William Ruto en vue d’intégrer les réfugiés des pays voisins dans les communautés locales. Pour ces administrateurs locaux, ce plan constituera plutôt une source de conflits, en raison d’une double crise alimentaire et hydrique qui sévit dans lesdites communautés.
Le « plan Shirika », coopération en langue swahili, du président William Ruto, qui vise à intégrer les réfugiés des pays voisins dans les communautés locales kenyanes, a été désapprouvé par les administrateurs locaux ce 30 mars; Le député Daneil Epuyo de la circonscription de Turkana Ouest, évoque des consultations insuffisantes de la part du gouvernement. * »Notre communauté n’a pas été consultée. Comment le gouvernement peut-il promouvoir l’intégration des étrangers, alors même que la communauté d’accueil manque de services essentiels ? »* le comté de Turkana abrite les camps de réfugiés de Kakuma et de Kalobeyei, situés près de la frontière avec le Soudan du Sud. Les dirigeants locaux voient en ce plan d’intégration des réfugiés une potentielle source de conflits avec les communautés d’accueil, qui sont déjà elles-mêmes confrontées à une double crise alimentaire et hydrique. Par contre le président ruto, par ailleurs président de la communauté d’Afrique de l’est y voit : « solution audacieuse et locale qui amplifie l’appel de l’Union africaine en faveur de solutions africaines aux problèmes de l’Afrique et aux défis mondiaux ». le programme SHIRIKA devrait améliorer la vie de plus de 830 000 réfugiés, demandeurs d’asile et de leurs généreux hôtes en transformant les camps de réfugiés du pays en camps intégrés. Des membres de la communauté turkana ont déclaré que l’afflux de réfugiés a mis à rude épreuve les ressources naturelles limitées telles que l’eau, les terres arables et le bois de chauffage, tandis que les services de base comme les écoles et les centres de santé sont également surchargés.