GABORONE — Pour pallier la crise du secteur diamantaire, le Botswana ouvre ses frontières aux investisseurs fortunés. Le nouveau programme de citoyenneté par investissement, prévu pour début 2026, se positionne comme l’un des plus compétitifs au monde.
Le Botswana change de modèle économique. Longtemps dépendante de ses mines de diamants, la nation d’Afrique australe a décidé de diversifier ses revenus en lançant l’« Impact Investment Program ». Annoncé par le président Duma Boko, ce projet permet à des étrangers d’obtenir le passeport botswanais en échange d’un investissement direct dans l’économie nationale.
Un tarif ultra-compétitif à l’échelle mondiale
Avec un ticket d’entrée fixé à 75 000 dollars US pour le demandeur principal, le Botswana casse les prix du marché de la « migration par investissement ». À titre de comparaison, ce montant est nettement inférieur aux programmes des Caraïbes ou aux « visas dorés » européens (Portugal, Grèce), qui exigent souvent plus de 200 000 euros.
Le détail des coûts :
* Investisseur principal : 75 000 * *Conjoint ou enfant mineur :* 10 000 par personne
* Dépendant adulte : 5 000 * *Frais globaux :* Environ 90 000 incluant les vérifications de sécurité.
Pourquoi ce virage stratégique ?*
L’économie botswanaise, pilier de stabilité dans la région, est à la croisée des chemins. Depuis 2022, les revenus issus du diamant naturel chutent face à la montée en puissance des diamants de synthèse.
Le gouvernement espère injecter ces nouveaux capitaux dans des secteurs clés pour l’avenir du pays :
* Le tourisme de luxe (notamment dans le delta de l’Okavango).
* Les énergies renouvelables.
* Le logement social et les infrastructures.
* Les services financiers.
Un processus rapide et des avantages exclusifs
Le programme promet une décision sous 60 jours. Les candidats retenus bénéficieront de la double nationalité (une réforme législative est en cours à cet effet) et d’une liberté totale de résidence et de travail.
Cependant, le gouvernement insiste sur la diligence raisonnable. Pour éviter les risques de blanchiment d’argent et préserver la réputation du pays, chaque dossier sera soumis à une enquête rigoureuse sur l’origine des fonds et les antécédents judiciaires.
À noter : Un portail d’enregistrement préalable est déjà accessible en ligne pour les investisseurs souhaitant manifester leur intérêt avant l’ouverture officielle des quotas en 2026.
L’avis de la rédaction
En s’alliant avec le leader mondial du secteur, Arton Capital, le Botswana mise sur le prestige de sa stabilité démocratique pour séduire les entrepreneurs. Si le succès est au rendez-vous, Gaborone pourrait devenir le nouveau hub financier de l’Afrique australe, tout en offrant aux investisseurs une mobilité internationale accrue.