Face aux coupes budgétaires américaines, Nairobi prend son destin sanitaire en main. Le pays vient de déployer le Lenacapavir, une injection de prévention à longue durée d’action qui promet de révolutionner la lutte contre le VIH en Afrique.
Une révolution technologique : Deux doses par an
Le Kenya franchit une étape historique dans la stratégie de prévention de proximité (PrEP). Contrairement aux traitements classiques qui exigent une prise quotidienne de comprimés, le Lenacapavir offre une protection de six mois avec une seule injection.
Cette avancée majeure permet de lever l’un des plus grands obstacles à la lutte contre le virus dans les pays en développement : l’adhésion au traitement. L’oubli d’une pilule quotidienne n’est plus un risque.
Souveraineté sanitaire après le choc de l’USAID
Ce lancement n’est pas seulement médical, il est politique. Il intervient après une période de turbulences marquée par :
* Les coupes budgétaires : La réduction des financements de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).
* La suspension juridique : En décembre dernier, la justice kényane avait bloqué un accord de santé de 2,5 milliards de dollars avec les États-Unis pour des raisons de confidentialité des données.
> « Depuis le retrait de l’USAID, de nombreux clients étaient coincés à la maison, incapables d’accéder aux soins. La transition a été très mouvementée », explique le Dr Steve Awaro, médecin au centre de santé de Riruta à Nairobi.
« Nous nous sentons enfin en sécurité »
Pour les bénéficiaires, c’est la fin d’une angoisse. Daisy Hilda, l’une des premières à recevoir le traitement, témoigne de ce soulagement : « Nous n’étions pas sûrs de notre avenir. Comment allions-nous survivre ? La PrEP quotidienne était notre survie. Avec le Lenacapavir, nous sommes sûrs de l’avenir. »
Le VIH au Kenya en chiffres
* 1,4 million de personnes vivent avec le virus.
* 1 seule injection tous les 6 mois (soit 2 doses par an).
* Financement : Désormais assuré par le Fonds mondial et des partenariats directs, réduisant la dépendance exclusive aux aides bilatérales classiques.
| Avantages du Lenacapavir | Impact sur la santé publique |
| Longue durée | Réduction drastique des échecs de traitement par oubli. |
| Discrétion | Moins de stigmatisation liée à la possession de médicaments. |
| Logistique | Moins de visites fréquentes dans les centres de santé surchargés. |
L’analyse
Ce pivot vers le Lenacapavir montre que les nations africaines, le Kenya en tête, ne sont plus disposées à être les victimes collatérales des changements de politiques étrangères des grandes puissances. En diversifiant ses sources de financement et en adoptant des technologies de pointe, Nairobi dessine les contours d’une souveraineté sanitaire africaine.