Dans un communiqué officiel daté du 7 février, le ministère éthiopien des Affaires étrangères accuse Asmara d’avoir mené une incursion de ses troupes sur le territoire éthiopien, dans la région frontalière du nord-est.
Selon Addis-Abeba, des manœuvres militaires conjointes auraient également été menées par l’armée érythréenne avec des groupes rebelles actifs dans le nord-ouest de l’Éthiopie. Des actes qualifiés par les autorités éthiopiennes de « provocations », mais surtout d’« agression ouverte » et d’« escalade supplémentaire ».
Face à cette situation jugée inacceptable, l’Éthiopie exige le retrait immédiat des forces érythréennes de son territoire et la cessation de toute forme de collaboration avec des groupes armés. Des demandes répétées, restées jusqu’ici sans réponse, selon la diplomatie éthiopienne.
Malgré la fermeté du ton, Addis-Abeba laisse entrevoir une ouverture diplomatique. En cas de réponse positive de l’Érythrée, l’Éthiopie se dit prête à engager des négociations de bonne foi, notamment sur des dossiers sensibles comme l’accès à la mer et au port d’Assab.
Un enjeu stratégique majeur pour l’Éthiopie, devenue pays enclavé depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993.
Les relations entre les deux voisins restent marquées par des décennies de conflits, de méfiance et d’accusations mutuelles.
À l’automne dernier déjà, Addis-Abeba accusait Asmara de collusion avec le Front de libération du peuple du Tigré.
Reste à savoir si cet appel au dialogue permettra d’éviter une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire dans la Corne de l’Afrique.