C’est un cri du cœur et de colère qui a résonné ce mardi devant l’ambassade de Cuba à Bamako. Alors que l’île caribéenne s’enfonce dans une crise énergétique sans précédent, des membres de la société civile malienne et d’anciens étudiants formés à La Havane se sont rassemblés pour dénoncer le blocus pétrolier imposé par Washington. Un combat pour la souveraineté qui fait écho aux défis de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une solidarité de fer face aux sanctions
Sous un soleil de plomb, les drapeaux maliens et cubains ont flotté à l’unisson. Le rassemblement, organisé à l’initiative de l’Association des anciens étudiants maliens à Cuba (AMEC), visait à briser le silence international entourant les nouvelles sanctions américaines de janvier 2026.
Ces mesures, visant directement les fournisseurs de carburant de l’île, combinées à l’instabilité politique au Venezuela, ont plongé Cuba dans le noir. Pour Al Assane Sanogo, secrétaire de l’AMEC, il ne s’agit pas seulement d’économie : « C’est une politique d’étranglement. Nous constatons que la situation sanitaire et économique se détériore de manière préoccupante. C’est une injustice immense contre laquelle tous les peuples doivent s’élever. »
Cuba et l’AES : Un destin commun contre l’hégémonie ?
Au-delà de la protestation, le discours s’est rapidement teinté d’une dimension géopolitique régionale. Présente lors de la manifestation, la chargée d’affaires cubaine, Viviana Hernandez Fonseca, a tracé un parallèle direct entre la situation de son pays et celle des nations de l’AES.
« Cuba et les peuples de l’AES partagent des défis communs », a-t-elle affirmé avec fermeté. « Nous faisons face à une guerre économique, communicationnelle et psychologique destinée à saper notre détermination à avancer sur une voie anti-hégémonique. »
Les points clés de la déclaration de l’AMEC :
* Dénonciation du blocus comme violation de la Charte des Nations Unies.
* Appel d’urgence à la communauté internationale pour protéger les acquis sociaux cubains (santé, éducation, science).
* Interpellation des autorités maliennes pour renforcer l’axe Bamako-La Havane.
L’Œil de la Rédaction
Ce rassemblement à Bamako illustre une nouvelle fois la reconfiguration des alliances mondiales. Pour le Mali, soutenir Cuba n’est pas seulement un acte de gratitude envers un pays qui a formé des générations de cadres maliens, c’est aussi affirmer une ligne politique commune : le refus des pressions extérieures comme mode de gouvernance.
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