De Phnom Penh à Kampot, les autorités cambodgiennes ont déployé une force de frappe sans précédent pour démanteler les réseaux de cybercriminalité transnationale. Objectif: un pays « zéro escroc » d’ici le Nouvel An khmer.
L’essentiel de l’info
* L’opération : Baptisée « XXL », elle a déjà conduit à la fermeture de près de 200 centres de fraude.
* Le bilan : 173 chefs de réseaux arrêtés et plus de 11 000 travailleurs étrangers expulsés depuis fin 2025.
* La cible : Des complexes opérant sous couvert de casinos ou de parcs technologiques, impliqués dans la traite humaine et l’escroquerie aux cryptomonnaies.
Kampot : Dans les coulisses du crime organisé*
Ce mardi, une unité d’élite de la police et de l’armée a investi les bureaux du complexe « My Casino » à Kampot. Les journalistes autorisés à suivre l’assaut ont découvert une véritable fourmilière technologique.
Sur place, des étages entiers sont dédiés à l’arnaque à grande échelle :
* Des centaines d’ordinateurs configurés pour la fraude internationale.
* Des tableaux blancs affichant des objectifs de performance pour des opérateurs thaïlandais et chinois.
* Du matériel d’usurpation d’identité, incluant une fausse enseigne de la Greater Mumbai Police, utilisée pour terroriser les victimes par appel vidéo.
> « Le Cambodge est une victime. Ces escrocs ne sont pas cambodgiens. Ils viennent ici louer des espaces pour arnaquer le reste du monde », a martelé le Général de division Mao Chanmathurith.
Une course contre la montre avant fin avril
Le gouvernement s’est fixé un calendrier ambitieux : nettoyer le pays avant la fin du mois d’avril, date des célébrations du Nouvel An khmer. La répression touche désormais les points névralgiques du pays : Phnom Penh, Sihanoukville, Poipet et Kampot.
L’enjeu est autant sécuritaire que diplomatique. Ces centres sont le théâtre de crimes graves : traite des êtres humains, séquestrations et travail forcé. Les victimes, souvent de jeunes Asiatiques attirés par des promesses d’emplois de rêve, se retrouvent piégées, forcées de mener des « arnaques sentimentales » ou des fraudes aux investissements ciblant des citoyens du monde entier.
La fin de l’impunité pour les « Magnats » ?
Le vent tourne pour les barons du crime. À Kampot, la fuite massive des employés a suivi de près la détention du puissant magnat Ly Kuong. Si la police reconnaît que le manque d’effectifs sur place a permis à certains travailleurs de s’évaporer dans la nature lors du raid, la saisie du matériel et des documents de bord constitue une mine d’or pour les enquêteurs.
Chhay Sinarith, président de la Commission de lutte contre les arnaques, l’assure : la pression ne retombera pas. Pour le royaume, il s’agit de restaurer une image de marque gravement entachée par ces réseaux sophistiqués qui ont transformé des complexes de loisirs en foyers de fraude mondiale.
Par la Rédaction Internationale | Publié le 11 février 2026