Alors que le cessez-le-feu de novembre 2024 est de nouveau mis à rude épreuve, le village de Yanouh a enterré mardi ses morts. Une frappe israélienne, visant un cadre du Hezbollah, a coûté la vie à un sergent des forces de l’ordre libanaises et à son jeune enfant.
🕒 Les faits en bref :
* Le drame : Une frappe aérienne a touché lundi le village de Yanouh (district de Tyr).
* Le bilan : 3 morts, dont le sergent Hassan Jaber (ISF) et son fils Ali, âgé de 3 ans.
* La version israélienne : Tsahal affirme avoir éliminé un chef d’artillerie du Hezbollah mais reconnaît des victimes civiles.
* Le contexte : Des tensions persistantes malgré la trêve signée le 27 novembre 2024.
Un dernier hommage au sergent Hassan Jaber et à son fils
Le village de Yanouh, situé à l’est de Tyr, s’est figé ce mardi pour les funérailles des victimes. Dans une atmosphère de douleur et de recueillement, les cercueils du sergent Hassan Jaber, membre des Forces de Sécurité Intérieure (ISF), et de son fils Ali ont été portés à travers les rues, accompagnés par une foule de proches et de collègues en uniforme.
Lors d’une cérémonie solennelle, le colonel Abdelnabi Zbeib a rappelé le parcours exemplaire du sous-officier engagé depuis 2013. À titre posthume, Hassan Jaber a été décoré de la Médaille militaire et de l’Ordre du mérite libanais.
> « Un massacre douloureux contre un soldat et un enfant dont les yeux portaient l’innocence du monde », a déclaré avec émotion Habib Jaber, vice-président de la municipalité.
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Israël cible l’artillerie du Hezbollah
L’armée israélienne (Tsahal) a rapidement revendiqué la frappe, expliquant avoir « éliminé le terroriste Ahmad Ali Salami », présenté comme le responsable de l’artillerie du Hezbollah pour la zone de Yanouh. Selon Tel-Aviv, ce dernier travaillait à reconstruire les capacités militaires du mouvement chiite au sein de zones habitées.
Tout en reconnaissant que des « civils non impliqués » ont perdu la vie, l’armée israélienne a précisé :
* Avoir utilisé des munitions de précision.
* Avoir exercé une surveillance aérienne préalable.
* Qu’un examen de l’incident est actuellement en cours.
Une trêve de plus en plus fragile
Cet incident souligne la précarité du cessez-le-feu en vigueur depuis fin novembre 2024. Si les combats à grande échelle ont cessé, Israël continue de mener des raids ciblés contre ce qu’il considère comme des violations de l’accord ou des tentatives de réarmement du Hezbollah.
Pour le ministère libanais de la Santé, la réalité est celle d’un bilan civil qui continue de s’alourdir : l’innocence d’un enfant de trois ans fauchée en plein cœur d’une zone résidentielle.
Par la Rédaction Proche-Orient | Publié le 11 février 2026